Pierre-Laurent AIMARD, comme son nom l’indique

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En France, on le considère « tout juste bon » à jouer Boulez et Stockhausen, au sens où Maria Yudina disait que Sviatoslav Richter était un pianiste « bon » pour Rachmaninov… Il est vrai que dans ses concertos de Beethoven (avec Harnoncourt), Pierre-Laurent Aimard est davantage obsédé par la structure que par la beauté sonore. Pourtant, il ne se sent pas intellectuel. Il l’est bien sûr, mais pas seulement, car les musiciens ont ceci de commun avec les chirurgiens ou les pilotes de ligne : la virtuosité de la main ajoute quelque chose de physique et de nerveux au pur cheminement de l’esprit. Comme Boulez, il est très bien structuré, très intelligent, mais en même temps vivant, spontané, émotif. Il répugne juste à s’épancher dans une époque où la norme est de déballer son sac.
Cela donne tout son poids au grand moment de l’émission, lorsque l’ancien élève d’Olivier Messiaen se souvient des époux Kurtag jouant du Bach à quatre mains, à la mort de Ligeti.
Voici son programme, dont l’éclectisme n’aura surpris que ceux qui avaient une opinion toute faite sur lui sans le connaître vraiment :
Schubert : La Belle Meunière « Das Wandern » par Mathias Goerne
Madeleines
Petite Suite de Debussy – 1er mouvement »En bateau »
Gilbert Bécaud : Et Maintenant
Stockhausen : Klavierstücke (par Kontarsky si possible)
Bach : Cantate BWV 104 par Gardiner
Schumann : Quatuor op. 41 n° 1 par le Quatuor Zehetmair
Eliot Carter : Catener (par Pierre-Laurent Aimard)
Rolf Haynes : (pour la liberté ans le swing)
Basiani (polyphonie georgienne)
Mélodies
Tristan et Isole de Wagner par Carlos Kleiber, enregistrement « live » (par exemple, l’arrivée de Tristan, la 2e scène de l’acte II)
Ella Fitzgerald : du scat
György et Martha Kurtag : Actus Tragicus BWV 106 de Bach
Ravel : Concerto en sol – 2e mvt (Aimard/Boulez)