Pegasus : Emmanuel Macron sur écoute, qui sont les autres personnalités visées ?

Pegasus, logiciel israélien, aurait permis d’espionner un des téléphones d’Emmanuel Macron au profit du Maroc. Mais le journal Le Parisien souligne ce matin que le chef de l’Etat est justement peut-être un peu trop accro à ses portables. En témoignent ses deux téléphones empilés sur la table que l’on voit sur sa photo officielle, souligne le grand reporter Marcelo Wesfreid.

Selon un collaborateur d’Emmanuel Macron : « il ne parle pas de sujets stratégiques sur son portable »

Son souci de modernité lui joue des tours, poursuit Marcelo Wesfreid. Deux téléphones sécurisés sont à sa disposition, mais il ne s’en sert quasiment pas. Pourquoi ? Parce qu’un verrou technologique empêche d’installer ces applis dont raffole tellement le président… Si cette affaire constitue une attaque contre la démocratie, comme l’écrit dans son édito Jean-Michel Salavator, un collaborateur d’Emmanuel Macron tempère : « de toutes façons il ne parle pas de sujets stratégiques sur son portable ».

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L’autre question que se posent vos journaux ce matin concerne aussi la liste des personnes potentiellement mises sur écoute. C’est presque un inventaire à la Prévert que nous dévoilent Le Parisien et Libération : on retrouve tour à tour Edouard Philippe, alors Premier ministre, Alexandre Benalla, Olivier Besancenot, Myriam El Khomri l’ancienne ministre du Travail ou encore l’ex-ministre socialiste de l’écologie Philippe Martin. Il dit d’ailleurs ne pas comprendre ce qu’il fait dans la liste : « je ne vois pas pourquoi je serai visé, je ne suis même jamais allé au Maroc » réagit l’intéressé, « au pire, ils ont dû me confondre avec un homonyme ».

 

Le Canard Enchaîné a porté plainte contre X pour la deuxième fois de son histoire

Sur la liste des écoutes on retrouve aussi Dominique Simonnot, à l’époque journaliste du Canard Enchaîné, aujourd’hui Contrôleuse générale des prisons. « 2021, revoilà les barbouzes » écrit Christophe Nobili dans l’hebdomadaire satirique. Il rappelle que c’est la deuxième fois de son histoire que le Canard porte plainte contre X après l’affaire des vrais-faux plombiers de la DST en 1973. « Il serait temps que Jupiter rappelle quelques politesses élémentaires » écrit le journaliste qui précise que « dans la mythologie grecque, le cheval Pégase fait jaillir des sources à coups de sabot. On se demande si la société qui a créé le logiciel n’a pas poussé le cynisme un peu trop loin ». En tout cas le journaliste remercie les concepteurs du logiciel espion : « Grâce à eux les complotistes doivent se dire qu’après tout si Pegasus est dans nos téléphones, il n’y a pas de raison qu’ils ne soient pas aussi dans nos vaccins ! »

 

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Et Le Parisien ressort en page 5 les affaires d’écoute chez les chefs d’Etat français, c’est déjà une vieille histoire. Entre 2006 et 2012 ils avaient été mis sur écoute par le renseignement américain, l’affaire avait été dévoilée par Wikileaks. Là encore, aucun secret d’Etat à l’horizon, la plus sensible est peut-être cette conversation entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé alors ministre des Affaires Etrangères. Le président de l’époque assurait alors vouloir proposer une initiative de paix au Proche-Orient. Une autre conversation cette fois entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault en 2012, portait sur un dossier ultra-sensible, la tenue d’une réunion secrète sur la crise grecque. Enfin la palme revient à Jacques Chirac, raconte Vincent Nouzille, auteur d’un livre sur le secret des présidents (Dans les secrets des présidents, édité chez Fayard). Jacques Chirac n’était pas dupe d’un potentiel espionnage, alors il s’en amusait en prononçant des gros mots au téléphone !

Marc Bourreau

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