Patrick Chesnais en vérité

Patrick Chesnais a quelque chose de quotidien qui peut déranger au début. Ce n’est pas de la désinvolture, ce n’est pas du je-m’en-foutisme, ce n’est pas de l’indifférence. Simplement, contrairement à beaucoup d’acteurs moins doués, il n’essaie pas de se donner une image ou un discours qui ne lui ressemblent pas. Derrière cette attitude, qui n’est pas une pose, mais qui est une forme d’honnêteté, on découvre un être profond, qui regarde la vie et les choses en face.
Après la mort de son fils, il a essayé de conserver cette relation avec lui en écoutant la musique qu’il aimait, en allant à bicyclette dans les endroits qu’il fréquentait, mais il n’a pas voulu utiliser cette absence pour être meilleur ou différent. C’est très rare de l’exprimer ainsi. La plupart du temps, après une grande douleur, on cherche à transformer le négatif en positif, comme disent les psys. Il faut une très grande force pour affronter son chagrin, en l’occurrence le pire de tous, et ne pas le fuir d’une manière ou d’une autre.
C’est pour cela, sans doute, que lorsque Patrick Chesnais est sur une scène, il ne donne pas l’impression de jouer, mais d’être.
Voici son programme :

Musique qu’il aime par-dessus tout : Miles Davis, Summertimes

Madeleines :
Doors, Riders on the storm
Nougaro, « Ile de Ré »
B.B. King, Thrills is gone

Programme Classique :
Prélude de Bach : le clavier bien tempéré

L’air de la reine de la nuit (La flûte enchantée de Mozart)

Le mandarin merveilleux de BartoK

Traviata de Verdi : « De miei bollenti spiriti »

Satie, la gnossienne n°1