Pascal Dusapin, la musique et le chagrin

Haut et imposant comme une armoire lorraine, Pascal Dusapin donne parfois l’impression de ruer dans les brancards pour s’imposer dans le milieu de la musique contemporaine qu’il sent hostile à son esthétique alors qu’il est un enfant gâté et choyé des orchestres et des musiciens. Si vous le taquinez sur le système des subventions, il va prendre son air de syndicaliste ronchon et de gauchiste ulcéré avec des arguments à l’emporte-pièce. C’est en fait un grand émotif qui a construit des relations profondes avec certains musiciens comme Vanessa Wagner ou Sonia Wieder-Aterthon desquels ils se sent réellement aimé. Face aux musiciens d’orchestre, il est comme un gosse émerveillé par le talent instrumental, comme un artisan respectueux du travail, reconnaissant, bouleversé d’être joué. C’est aussi un intellectuel de très haut niveau qui pense la musique avec son coeur et qui pleure avec ses neurones. C’est enfin un artiste de premier ordre pour qui la musique se construit comme une cathédrale, se peint comme une fresque, se goûte comme un grand vent et se respire à plein poumons.
Voici son programme :

3 madeleines

DAQUIN : « Le Coucou »

BACH : 3 pièces extraites de « Passion » par Bernard Foccroulle à l’orgue.

DOORS : « Light my fire »

Et puis

GESUALDO : Livre 5 des madrigaux
Dolcissima mia vita 2’25 »
Mercè grido piangendo 3’36

The Consort of Musicke / Anthony Rooley

MALHER : « 4° Symphony ».

JANACEK : « The Little Vixen » (La petite renarde rusée) par Charles Mackerras.

DUSAPIN : « Perelà, uomo di fumo ».
Le duo entre Bellonda et Perelà.