Par Saint-Georges !

 Olivier Bellamy reçoit Alain Guédé sur Radio Classique

 Fils d’une esclave noire et d’un aristocrate français, le chevalier de Saint-Georges est né en Guadeloupe où il est devenu un héros « national » depuis la publication du livre d’Alain Guédé, « Le Nègre des Lumières ». Fameux escrimeur élevé en métropole, membre des Mousquetaires du Roi, violoniste virtuose, compositeur de talent, directeur du Concert Spirituel, c’est un personnage tout à fait fascinant.

 Sur le plan musical et historique, Saint-Georges mérite d’avoir été tiré de l’oubli. En faire un porte-drapeau politique de l’égalité des races est dangereux : cela suppose qu’on accorde de l’importance au fait que certaines personnes proclament de manière stupide que certaines races puissent être inférieures à d’autres. Débaptiser la rue Richepanse (du nom d’un général étant associé au rétablissement de l’esclavage sous Bonaparte, mais ayant certainement rendu service à son pays) au profit de Saint-Georges est un acte politique qui dévalorise l’hommage qu’on est en droit de rendre à une personnalité musicale de premier plan. Si Victor Hugo possède une place et une avenue dans Paris, c’est qu’il était un grand poète avant d’être un homme politique.

Il serait bon que notre pays accordât à ses musiciens le statut auxquels ils ont droit dans notre mémoire collective sans avoir besoin de les ramener (fût-ce au nom de principes nobles et d’une contrition à retardement) à ce pourquoi ils ont été gênés dans l’exercice de leur art. Si l’on joue Bach aujourd’hui, ce n’est pas pour réparer le fait qu’il ait pu être traité comme un laquais par ses maîtres, mais parce qu’il est un grand génie et que sa musique nous touche profondément.

Voici le programme d’Alain Guédé et vive le Chevalier de Saint-Georges !

Madeleines :

Le rêve bleu (Rina Ketty) ;

la marche militaire n° 1 de Schubert au piano qui me parait très bien dans

la collection Radio Classique ;

Concerto n° 1 – 1er mvt de Tchaikovski version Toscanini-Horowitz

Bertrand Cervera : Violon nomade. Amapola de Lacalle (le leitmotiv d’Il était une fois en Amérique).

– la concertante pour cor et basson de Devienne, un Bréval (peu importe lequel)

– Beethoven : Concerto pour violon – 2e mvt par Furtwangler et Menuhin)

Rencontres amoureuses (qui seront aussi d’amitié) :

Plaisir d’amour dans la version Joan Baez

Saint-Georges : quatuor « funèbre » G.068 par le quatuor Antarès

L’enregistrement du concert Radio-Classique salle Gaveau en 1999 :

Annick Massis dans un air de Saint-George (du tendre amour).