Nicolas Dupont-Aignan «Macron, c’est le télégraphiste des gros intérêts financiers »

Nicolas Dupont-Aignan

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La France et candidat à l’élection présidentielle

Invité de Guillaume Durand

«Macron, c’est le télégraphiste des gros intérêts financiers »

Extraits :

A propos de Fillon

« Cela fait plus d’une semaine que la campagne est stoppée à cause de l’affaire Fillon. Est-ce qu’on peut parler des problèmes des Français ? Moi je constate qu’on est à près de 70 jours du premier tour, que c’est le mandat sans doute le plus important que la France va connaître ces dernières années, où la France va jouer son avenir et que les Français souffrent. Ils en ont ras-le bol de parler de ça et je n’ai pas envie de parler de Monsieur Fillon. Je présente un projet différent, pour sauver mon pays et j’ai envie de parler de ça ce matin. Les affaires de Monsieur Fillon ne m’intéressent pas.»

A propos des sondages

« Les sondages plus personne n’y croit un instant. Ils se sont trompés sans arrêt. Monsieur Hamon ne serait pas le représentant du PS si les sondages avaient eu raison, Monsieur Fillon d’ailleurs non plus d’ailleurs, pas non plus monsieur Trump et le Brexit ne serait pas là. Arrêtons avec ces sondages qui veulent manipuler les Français. Les Français sont adultes et pour la première fois, ils vont envoyer balader ceux qui les ont ruinés. (…) Ils vont devoir choisir une alternative. Il y a trois alternatives possibles : Mélenchon, Le Pen et la mienne. Alors certes je suis moins connu, certes je suis moins dans les sondages mais mon alternative est beaucoup plus sérieuse, beaucoup plus solide avec des gens beaucoup plus expérimentés et je suis absolument convaincu que je serai la surprise de ce scrutin parce que désormais le choix est simple. Soit on fait une alternative brutale de gauche ou de droite, avec d’ailleurs beaucoup de points communs économiques, soit on fait une alternative réelle, solide mais calme avec un vrai plan de redressement. »

A propos de la différence entre le vote patriote prôné par le FN, le Front de Gauche et Debout La France

«Il y a un million de Français qui connaissent cette différence. Je vous rappelle qu’aux élections régionales, il n’y a pas si longtemps, j’ai fait autant de voix en France que Monsieur Mélenchon du Front de Gauche. Ce n’est pas la même personnalité. Je suis élu à 80% dans une banlieue difficile dans une ville qui votait à gauche à 65%. J’ai fait les preuves. Je suis entouré par des gens solides, des élus locaux. Je ne cache personne dans mon parti. (…) Ce n’est pas la même chose d’élire à l’Elysée Monsieur Mélenchon, Madame Marine Le Pen ou Monsieur Dupont-Aignan. Un Président de la République c’est une personne. »

«Je suis patriote oui, et il n’y a pas qu’au Front National qu’on est patriote. Mais je veux relocaliser le maximum d’industries, investir dans la science, bâtir des projets européens à la carte. Je n’ai pas vu tout ça dans le projet de Madame Le Pen. C’est-à-dire qu’on peut être patriote et en même temps vouloir défendre nos PME, libéraliser l’économie et avoir un programme raisonnable. »

(…)
« Si, il y a chez moi une priorité nationale, mais différente. Je prends l’exemple, sur l’immigration. Madame Le Pen veut 10 000 migrants par an, on est à 200 000. J’ai toujours dit que c’était irréaliste ! Il y a 50 000 étudiants qui viennent dans notre pays ! Le rayonnement de la France, c’est aussi des étudiants qui viennent étudier chez nous. Mon projet est gaulliste patriote, plus modéré, sans les excès du Front de Gauche de Monsieur Mélenchon ou du Front National. »

A propos des impôts en France

« Je propose de vraies baisses d’impôts, de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur les successions, une baisse d’impôts pour dynamiser l’économie française. Mon projet est chiffré, détaillé. Je propose une relance du pouvoir d’achat qui doit s’accompagner d’un dopage des PME pour que le pouvoir d’achat que je vais relancer soit consommé en France et fasse marcher des entreprises française. Je propose 100 euros de plus par retraité, pour les 6 millions de retraités qui ont les retraites les plus faibles. Je le finance comment ? Vous allez dire « démagogie ». Et bien je reprends les 8 milliards que nous donnons de manière scandaleuse à Bruxelles, c’est-à-dire l’excédent de l’argent des Français qui va nourrir nos concurrents roumains, polonais, qui attirent les délocalisations. Ça veut dire une relance du pouvoir d’achat par les petits retraités. Je propose une baisse des cotisations salariales, en luttant contre la fraude sociales. J’exonère la résidence principale et j’exonère l’ISF si les fonds de l’ISF s’investissent dans des entreprises qui produisent en France. Je propose aussi 75% des commandes publiques à des entreprises qui produisent en France. Je veux un choc du pouvoir d’achat et un choc de relocalisation. J’ai un projet solide.»

A propos d’Emmanuel Macron

« C’est le télégraphiste des gros intérêts financiers qui veulent soumettre la France. Un « antisystème » qui a augmenté la CSG, qui a désindexé les pensions de retraites, qui a bradé les intérêts industriels français à l’étranger ? Alors je dis oui monsieur Macron est un danger pour la France. Monsieur Macron est un imposteur. Et je dis aux Français qui m’écoutent, méfiez-vous, parce qu’il se fait passer pour ce qu’il n’est pas. C’est un peu le loup de la petite fable du chaperon rouge. Il se déguise en mère-grand. »

A propos de la mondialisation

« Il ne s’agit pas de tuer Amazon, il s’agit de réguler ce capitalisme inhumain qui est en train de broyer les peuples. On va y arriver. (…) Quand il y a un excès il y a toujours un effet boomerang. Et je suis convaincu qu’on peut réguler la mondialisation. (…) Avec la révolution numérique, il faut s’adapter, il ne s’agit pas de la bloquer, il s’agit d’adapter la manière de percevoir l’impôt, il est inacceptable que les paradis fiscaux et des sociétés comme ça existent. Il est temps de prendre en main notre destin mais on peut le faire de manière raisonnable. (…) Moi je veux des PME, je veux qu’on aide les créateurs, je veux que les banques soient au service de la création, de la recherche, de la science et que notre pays s’en sorte. Et on peut tout à fait y arriver, il n’y a aucune fatalité, on n’a pas obligatoirement le choix entre des excès et l’impuissance. Il y a une voie possible. »