Nico Muhly : L’ÉLECTRON LIBRE

Le jeune compositeur new-yorkais est à l'affiche du Festival de Saint-Denis : à découvrir d'urgence.

Adolescent, quand d’autres passaient des journées entières à bricoler des sons sur des synthétiseurs, lui disséquait la partition de Petrouchka. Pourtant Nico Muhly, bientôt trente-quatre ans, utilise l’électronique depuis de longues années, d’abord comme assistant de Philip Glass, son mentor, ou à l’occasion de collaborations, de Björk à Antony and the Johnsons.
Si son look post-rock avec sa coiffure en pétard fait de lui un touche-à-tout des temps modernes, sa formation est bien classique. Chanteur dans le choeur de l’église épiscopale de Providence, il débute le piano à dix ans, puis suit des cours de littérature anglaise à Columbia avant un master de musique à la Juilliard School, en 2003, après des études de composition avec John Corigliano et Christopher Rouse.
Ses premières oeuvres sont marquées par la fascination tant pour la musique élisabéthaine que le minimalisme de Reich et Glass, mais la création de Two Boys, son second ouvrage lyrique, commande de l’English National Opera et du Met ovationnée en 2011, l’a conforté dans un style plus personnel, avec une pointe de lyrisme hérité de Britten et Puccini, et un sens de l’architecture issu de la Renaissance.
Bouillonnement
C’est dans cette voie qu’il s’oriente à présent. Ce que reflète sa nouvelle oeuvre, un volubile Concerto pour alto dont la création française aura lieu au Festival de-Saint Denis. " Depuis notre enfance, mon amie Nadia Sirota et moi-même plaisantions sur l’idée que j’écrive un concerto pour elle… Et maintenant, le rêve s’est concrétisé avec cette commande ! "
Ses Sentences seront aussi données en création française… dirigées par lui-même. Muhly appartient à cette nouvelle génération qui absorbe des musiques venues de toutes parts. D’où cette liberté qui s’exprime dans l’effervescence et le dynamisme de ses partitions, le bouillonnement des idées et le changement continuel d’atmosphères…
Au Festival de Saint-Denis Sentences. Lestyn Davies, Britten Sinfonia, dir. N. Muhly, Légion d’honneur, 7/06.
Concerto pour alto. Nadia Sirota, Orch. nat. d’Île-de-France, dir. E. Mazzola, basilique, 10/06.