Nicholas Angelich, dieu du piano

Nicholas Angelich est un pianiste si proche de mon coeur qu’il m’est très difficile d’en parler. Toutes les formules, répétées jusqu’à l’envi, interchangeables, paraissent soudain vides de sens. Ce que je pourrais rappeler, c’est la phrase d’un musicien qui m’avait accompagné à l’un de ses récitals. A la fin, après le mouvement lent de la Sonate en do majeur de Mozart qu’il avait donné en bis, ce musicien m’avait simplement dit : « C’est un homme profondément bon. » En quelques notes, Nicholas Angelich avait fait oublier toute sa fabuleuse technique, sa profonde pensée musicale pour laisser simplement voir le fond de son âme qui, à cet instant, se confondait avec celle de Mozart.
L’autre chose, c’est qu’à l’instar de pianistes comme Martha Argerich, Nelson Freire ou Radu Lupu, la manière dont il joue se passe de commentaires, car il est l’esprit et la chair de la musique et que les mots seront toujours impuissants à définir le phénomène musical. D’ailleurs, ces quatre-là sont des animaux étranges, insatiables quand il s’agit de parler de nourriture (Nelson Freire), de vins (Radu Lupu), de parfums (Nicholas Angelich) ou de mille détails humains (Martha Argerich), mais qui deviennent aussi silencieux que Tamino à la porte du temple lorsqu’il s’agit de parler musique.
Il y a certaines choses qui relèvent du sacré et qu’on a toujours peur d’abîmer en tentant de les expliciter.
Voici son programme :

Petites Madeleines
– Ravel Concerto en sol Michelangeli – mvt lent
– Brahms Co no 2 Backhaus – 2e mvt
Debussy Prélude à l’Après-Midi d’un faune/ Boulez

Vie : Dichterliebe Amours du poète de Schumann (F. Wunderlich)
Mort : Mahler Symph n° 9 – 1er mvt (Karajan)
Amour  » Darn that dream » (Sarah Vaughan)

– Brahms Concerto pour violon/ Isaac Stern (1er mvt sur le violon)
– Ella Fitzgerald
– Bruckner 8 Furtwaengler – (Finale ?)
– Mozart : Noces de Figaro

A écouter : Variations Goldberg de Bach par Nicholas Angelich