Nathalie Stutzmann, le chant de la terre regarde les étoiles

Rarement on aura mieux défini la voix de contralto. Ce timbre rare, à l’appui solide, qui s’élève des profondeurs de la terre, qui résonne dans la chair et qui émane mystérieusement de l’âme.
Nathalie Stutzmann aura dû batailler dur pour s’imposer. Ne disait-on pas à ses débuts qu’elle n’était pas un vrai contralto, qu’elle était « fabriquée » ? J’étais surpris par ces commentaires, moi qui n’y connaît rien en gosier, mais qui avait été ému aux larmes en l’entendant chanter à l’abbaye de Fontevraud il y a plus de vingt ans. Les mêmes prétendus spécialistes de la voix écrivaient que la gloire de Roberto Alagna ne passerait pas l’hiver. Ces commentateurs au petit pied (et aux oreilles bouchées) vont sans doute faire la moue sur les dons de chefs d’orchestre de Nathalie Stutzmann, bien qu’elle ait été adoubée par Seiji Ozawa et formée par le légendaire professeur Panula.
Le duo qu’elle forme avec la pianiste Inger Södergren est tout bonnement miraculeux, car ce sont deux artistes à égalité, aussi exigeants et aussi poètes l’un que l’autre. On est loin de la caricature (hélas trop fréquente) de la Castafiore accompagnée par son souffre-douleur Wagner…
Longue vie à son dernier album « Prima Donna », publié chez Deutsche Grammophon et consacré à notre cher Vivaldi, le prêtre roux qui aimait les femmes à la voix sombre.
Voici son programme :

3 musiques « petites madeleines »

Tchaikowski « la belle au bois dormant » op 66 le dernier mouvement « la valse » : version Berlin Phil direction Rostropovitch (4’30) DG

Lecocq « La fille de madame Angot » Air de l’ acte II: mzelle Lange « les soldats d’Augereau » : version Christiane Stutzmann direction Jean Doussard( 2’48) EMI

« Blow the wind southerly » par Kathleen Ferrier ( 2’20) DECCA

3 pieces qui sont associées à la vie /l amour /la mort

La vie : Bach : 1er mouvement du Concerto Brandebourgeois n°3 BWV 1048 : version English Consort dirigé par Trevor Pinnock ( 5’45) Archiv

L’amour : Mahler dernier mouvement Symphonie n°3 : version Berlin phil dirigé par Bernard Haintink ( 26′) PHILIPS

La mort : Schubert 2ème mouvement du quintette cordes D 956 version : quatuor Alban Berg + Heinrich Schiff ( 14’30)

6 pieces de musique classique ( avec Nathalie ou pas )

– Brahms 2ème mouvement « intermezzo andante » opus 116 version Inger Södergren ( 4’10) Calliope

-Boccherini 2ème mouvement « Adagio »concerto pour violoncelle version J.Dupré Barenboim ( 7′) EMI

– Schubert « Winterreise » le 1er lied « Gute Nacht » version Hans Hotter et Gerald Moore ( 6’05) EMI