Nathalie Loiseau « Europe de la défense : nous sommes parvenus à un accord historique »

Ce matin à 8 h 15 sur Radio Classique

Nathalie Loiseau, ministre auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des Affaires européennes

Invitée de Renaud Blanc

« Europe de la défense : nous sommes parvenus à un accord historique »

Extraits

A propos de la nomination de Christophe Castaner à la tête de La République en marche

« Il a été assez fréquent qu’on soit à la tête d’un parti et au gouvernement(…), ça n’a rien de scandaleux. »
(…)
« Je lui ai accordé mon parrainage : c’est un homme expérimenté, il a les épaules pour aider à structurer encore davantage [La République en marche], qui est [un mouvement] très jeune et a besoin d’arriver à maturité. »


A propos du Sommet social européen de Göteborg

« L’Europe sociale a longtemps été le parent pauvre du projet européen. »
(…)
« Nous [devons] aller plus loin dans la convergence sociale entre les pays de l’Union européenne. C’est ce [à quoi] nous avons poussé en aidant à ce qu’on revoie la directive sur les travailleurs détachés. »
(…)
« Il faut éviter qu’il y ait une Europe à deux vitesses, avec des travailleurs de deuxième classe, low cost, qui ne bénéficient [d’aucune] protection suffisante et qui viennent concurrencer les travailleurs mieux protégés. »
(…)
« On va travailler sur la convergence des cotisations sociales, sur un salaire minimum européen… »

A propos de l’accord entre 23 pays pour l’Europe de la Défense

« Pendant des années, « l’Europe de la défense » n’était qu’un slogan : il n’y avait rien derrière. »
(…)
« Un partenaire était très hostile, c’était le Royaume-Uni. Aujourd’hui, [ce pays] est dans une procédure de sortie de l’Union européenne, (…) cela a permis d’aller de l’avant. »
(…)
« C’est historique, [de réussir à] décider que les pays européens qui le souhaitent -23 sur les 27- peuvent travailler ensemble à des efforts de recherche, de développement, de mutualisation des capacités, de s’entraîner ensemble, de travailler ensemble à des opérations extérieures… »
(…)
« A chaque fois qu’on peut avancer à 27, c’est bien. Quand certains ne sont pas d’accord, ne sont pas prêts, ont une autre culture militaire et politique, ils [ne doivent pas bloquer] les autres. »

A propos de l’interdiction du glyphosate

« Je regrette qu’on n’ait pas encore trouvé une solution entre Européens. On part de positions très différentes… »
(…)
« Il y encore quelques mois, la Commission européenne proposait qu’on reconduise l’utilisation du glyphosate pour dix ans. Aujourd’hui, elle est revenue avec une autre proposition, qui est de cinq ans. Nous, nous voulons trois ans : la position du gouvernement est unie de ce point de vue-là. (…) L’Allemagne demande aussi trois ans. »
(…)
« [Cette échéance de trois ans], c’est pour pouvoir faire en sorte de sortir du glyphosate. (…) [Nous sommes] très attentifs à la santé des agriculteurs et des consommateurs. Cette attention est-elle partagée de la même manière partout en Europe ? Pas encore… »

A propos du Brexit

« Le gouvernement britannique est divisé sur cette question et il se retrouve confronté à un enjeu (…) beaucoup plus vaste que ce qui avait été imaginé. »
(…)
« Nous souhaitons une sortie ordonnée du Royaume-Uni et une relation future étroite, [mais] ça traîne parce que les Britanniques ne nous ont pas donné de réponse. »
(…)
« Pour travailler sur [ce] retrait, il y a trois conditions : 1. Etre certain du sort des citoyens européens qui vont rester au Royaume-Uni. 2. Traiter la question très importante de l’Irlande, puisque la frontière entre [ce pays] et le Royaume-Uni sera la frontière terrestre de l’Union européenne. 3. Avoir un accord sur ce que doit le Royaume-Uni à l’Union européenne. Sur ce dernier point, il n’y a aucun progrès. »

Au sujet des propos de Laurent Wauquiez sur une Europe à 35

« Laurent Wauquiez était ministre des Affaires européennes [sous Nicolas Sarkozy] quand l’Union européenne a accepté la candidature de la Serbie et du Montenegro. Ces pays souhaitent rejoindre l’UE, nous avons intérêt à leur donner une perspective. Sinon, ils dériveront et seront peut-être attirés par d’autres que l’Union européenne et là, nous aurons des regrets. »
(…)
« Nous sommes très exigeants sur les conditions que nous mettons à un rapprochement avec l’Union européenne : lutte contre la corruption, contre la criminalité organisée, l’indépendance de la Justice… »
(…)
« Maintenir le dialogue (…) avec les pays voisins du continent européen est une nécessité. »