Natalie Dessay telle qu’elle

Elle est drôle, Natalie Dessay, comme tous les grands perfectionnistes angoissés qui décident, à un certain moment, de baisser les bras en se disant : « Et puis, zut, tout ça n’est pas si tragique ! » Comme elle ne fait rien à moitié, elle se lâche vraiment. Et puis, l’émotion revient doucement, s’insinue au coin d’une phrase, remonte comme une vague et assèche tout-à-coup son palais.
Ce qui est beau, c’est qu’elle reste toujours étonnamment naturelle et spontanée tout en pratiquant un art éminemment sophistiqué. Il est difficile de dire ce qui fait courir Natalie Dessay. L’amour de soi ? Non, surtout pas. Du public ? En partie, mais pas tout à fait. Ses partenaires ? Oui, dans le sens : être à la hauteur, et si possible plus haut, de ce qu’ils attendent d’elle.
Cela ne doit pas tous les jours être facile d’être Natalie Dessay, c’est-à-dire d’être au sommet et de souffrir pour maintenir cette exigence. Mais elle le fait oublier avec une grâce, une sincérité et une simplicité qui nous la rendent plus précieuse encore.
Voici son programme :

Madeleines

Fictions, Quatuor Ebène, Un jour mon prince viendra
Funny Girl, Barbara Streisand, People
Casse-Noisettes version Rattle, La fée dragée

Classique

Le double de Brahms avec les Capuçon (3e mvt)
Impromptu de Schubert par Philippe Cassard
L’air de la Tatiana (Eugène Oneguine), par Ana Netrebko
Lorraine Hunt : Haendel (Jules César)
La chanson d’Hélène, Philippe Sarde (in Les choses de la vie, de Sautet) par Yun Sun Nah
Cléopatre (dernier disque de Nathalie Dessay)
Lucie de Lamermoor de Donizetti, Scène de la Folie par N. Dessay