Mon amie la rose

Françoise Hardy, l’invitée classique d’Olivier Bellamy
Bonjour à tous ! Il fait aussi froid à New York qu’à Paris. Je suis allé ce soir applaudir la troupe du New York City Ballet dans un programme tout Balanchine. La chorégraphie des Quatre Tempéraments de Hindemith n’a pas pris une ride. Et l’orchestre était dirigé avec précision et finesse par notre compatriote Fayçal Karoui. Cocorico. New York est plein de Français. Surtout au moment des soldes, vu le cours avantageux de l’euro face au dollar. J’avoue que j’ai craqué aussi.

J’ai reçu ce mail d’un auditeur à propos de l’émission de Pierre Douglas :

« A l’attention de MM. Bellamy et Pierre Douglas

Non le mot chef n’est pas désuet, inadapté ou militaire. Et militaire n’est pas péjoratif, n’en déplaise à tous les antimilitaristes qui vivent heureux et en paix dans notre pays grâce à la puissance militaire. Le chef n’est pas celui qui fait preuve d’autoritarisme, mais d’autorité, ce qui selon le sens éthymologique est bien plus qu’une boulimie de pouvoir exacerbée et dictatoriale. L’autorité du chef est la plus-value qu’il apporte à ceux qu’il dirige, commande ou manage selon l’époque et le lieu.
La plus-value, la valeur ajoutée ! Ce qui est du domaine du chef, car il est le seul à pouvoir le faire! Et à ce titre, le mot chef d’orchestre a toute sa place. Il suscite, maîtrise, accompagne, ordonne s’il le faut, pour le bien commun, l’élévation de l’ensemble. Il sait et entend des choses qu’il est le seul à pouvoir entendre. Il corrige, dirige à la baguette et non au garde-à-vous, mais le sens est le même. C’est beau le mot chef, et chef d’orchestre, c’est sublime.

J-F C., chef d’escadron.

PS: Pour autant, ne cessez pas, au nom d’un stupide politiquement correct, de dire des choses ayant du caractère sur votre antenne. elle en perdrait sa valeur ajoutée, son autorité. Et une émission qui fait autorité, c’est mieux. »

Cela me rappelle la phrase de Clémenceau : « La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique ». Ce n’est pas un dangereux anarchiste qui l’a dit !!! Bien sûr, cher Monsieur, il faut un chef dans un orchestre. On ne remet pas cela en cause. Mais ce qui est sublime, ne l’oublions pas, ce n’est pas uniquement le chef d’orchestre, c’est d’abord la musique. Et certains chefs d’orchestre ne retiennent que « chef » et oublient « orchestre ». C’est ce qu’on voulait dire avec le sourire. Essayez de l’avoir aussi.

Il paraît que, bientôt en France, on ne pourra plus rire de rien car à chaque saillie, une corporation se sent visé et proteste. Qui oeuvre pour le politiquement correct ? Celui qui, avec le sourire, attire l’attention sur un travers ou celui qui prend tout au sérieux ? Dans « autorité », je prends « ri ».

J’espère que vous avez aimé tous l’émission de Françoise Hardy. Comme elle le raconte dans son livre, j’ai voulu la rencontrer après la sortie de son essai d’astrologie (Editions du Cherche Midi) où elle évoquait (très bien) de nombreux cas de musiciens dans cette perspective. Nous sommes devenus amis et je pense que l’on sent une complicité sans « private joke ». C’est du moins ce que j’ai essayé de faire. On sent bien, je trouve, ce que Françoise aime dans la musique, ce qu’elle y recherche, de manière, a-t-elle avoué, très mono-maniaque. Cette grande artiste est l’une des femmes les plus honnêtes et les moins politiquement correctes que j’ai rencontrées dans ma vie.

Je dois confesser deux erreurs dans l’émission. J’espère que vous ne m’en voudrez pas. A un moment, j’ai dit « Hitler » au lieu de « Staline » à propos de Chostakovitch. Vous aurez rectifié de vous-même, comme on dit. Et puis l’Agnus Dei, je crois qu’il est entièrement de la plume de Sussmayer (l’élève de Mozart). Je crois me souvenir que ma présentation était plus floue… Voilà, faute avouée…

Messages personnels (« au bout du téléphone, il y a votre voix », etc )

à Christine : Frédéric Lalanne, qui est en charge du département Internet à Radio Classique, m’a promis que l’émission de Pierre Douglas serait en réécoute à partir de lundi. Merci à lui et à son équipe qui nous permettent, grâce à leur professionnalisme, de converser agréablement sur ce blog.

A Daniel : vous êtes trop dur ! vous maniez bien l’acidité, mais peut-on être aussi sévère pour de la chanson et un livre de souvenirs qui ne font de mal à personne et qui rendent heureux tant de gens ? Gardez votre talent de polémiste pour de vrais scandales. A vous lire, une phrase de Talleyrand me revient : « tout ce qui est exagéré est insignifiant ». Et votre charge est exagérée, vous écrasez un « insecte cornu » avec trois tonnes de dynamite. Mais merci pour votre écoute attentive et pour votre franchise. Je prie simplement le ciel de ne jamais en faire les frais…

A Roberto : Merci cher Roberto pour votre écoute fidèle et pour votre exigence. Je vais essayer de trouver votre livre qui doit certainement être passionnant. Vous formez avec Françoise et Sandrine un trio des plus réjouissants et je me régale à entrer dans vos conversations animées. Il faudra d’ailleurs qu’on trouve un jour l’occasion de vous réunir pour de vrai… Pourquoi pas à l’occasion du Festival Radio Classique en juin prochain. Réfléchissons-y. Ce message pour vous dire que je ne visais pas « France Musique » dans le milieu « culturel sectaire ». Si j’avais voulu les attaquer, j’aurais cité cette station. Ce n’est pas le cas. Je trouve que Radio Classique et France Musique sont complémentaires et que c’est merveilleux de pouvoir avoir les deux. Il y a dans cette station des gens que j’aime et que j’estime infiniment. Non, je parlais simplement des conversations de couloirs, plutôt journalistiques où l’on dit souvent des bêtises sans savoir. Et je m’inclus naturellement dans le lot.

Voici le programme de Françoise Hardy

Beethoven : Symphonie n° 7 – 2e mvt – Karajan (1ère version DG)

Madeleines

Charles Trenet : Revoir Paris

Jacques Brel

Cora Vaucaire : La rue s’allume

Programme

Martha Argerich : Schumann piano quartet in E Flat Lugano 2006 : 2ème mouvement / Scherzo molto vivace / 3′ 30

Hélène Grimaud et Truls Mork : 2ème mouvement, allegro quasi menuetto, de la sonate de Brahms pour piano et violoncelle / 5’25

Leonard Bernstein : Agnus Dei du Requiem de Mozart / 4’54

Cecilia Bartoli : Casta diva de Bellini / 6′ 49

Martha Argerich : 3ème mouvement(Moderato) du Concerto n° 1 op. 35 de Dmitri Shostakovich: /1’28. Direction : Alexander Vedernikov.

Concerto pour piano n° 2 de Chosta – Andante

Grigory Sokolov : 24 préludes de Chopin : Presto con fuoco / 1’06

Anne-Sofie von Otter : Like an angel / 5′ (For the stars : album produit et composé par Elvis Costello).

Muse : Ruled by secrecy / 4′ 52