Mobilisation générale contre le coronavirus – la Revue de Presse de David Abiker

Si le Parisien-Aujourd’hui en France appelle à « l’Union sacrée » après l’intervention du Président de la République hier soir, la Voix du Nord, la Dépêche du Midi ou encore Paris Normandie font les gros titres sur « la mobilisation générale ». Et en une de Sud-Ouest c’est le « branle-bas de combat ».

 

Coronavirus : « 26 millions de Français à la maison » titre le Télégramme

Aux grand maux les grands remèdes, le Midi-Libre parle pour la France d’ « un traitement de choc », la République des Pyrénées de « mesure choc » et Presse océan de « mesures exceptionnelles ». Et pourtant, les journaux affichent le paradoxe d’une vie privée confinée et d’une vie électorale qui doit se poursuivre dimanche pour les municipales. Ce sera donc « 26 millions de Français à la maison » comme le titre le Télégramme, « plus d’école jusqu’à nouvel ordre » comme le précise l’Union mais on votera quand même. Il est là le paradoxe. Ecoles fermées, élections maintenues titre le Progrès, Des élections mais pas d’école titre Vaucluse matin.

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Et les éditorialistes jugent la prestation du président. « Jamais une allocution d’Emmanuelle Macron n’avait été aussi attendue » rappelle Daniel Muraz dans le Courrier Picard, « l’exercice n’était pas facile » renchérit Sébastien Lacroix dans l’Union et dans la Charente Libre Maurice Bontinck explique que « le président Emmanuel Macron devait démontrer que la France n’avait pas peur. Qu’elle ne devait pas céder à cette civilisation de la panique dans ce moment historique. Qu’elle faisait confiance à la science et aux experts médicaux ». Et pour Jean Levallois cette allocution qui restera comme un des moments décisifs du quinquennat a su trouver le ton juste pour dépeindre la crise sanitaire qui va s’accroître.

 

Doit-on écouter Matteo Renzi, qui nous engage à accélérer le confinement ?

Et c’est peut-être ce que Vincent Trémolet de Villers dans le Figaro reproche à l’intervention présidentielle, elle ne dissipe pas nombre d’interrogations qui viennent à l’Esprit. Quand le professeur Caumes de la Pitié-Salpêtrière assure venir voir un scénario à l’italienne faut-il le croire ? Quand l’ancien président du conseil italien Matteo Renzi nous engage à aller plus vite dans le confinement que ne l’a fait son pays, doit-on l’écouter ? Et une réponse claire l’urgentiste le plus célèbre de France, le Dr Patrick Pelloux en a fait une spectaculaire hier sur TMC dans l’émission Quotidien. A la question à combien d’infection faut-il s’attendre dans les semaines qui viennent, répond et il parle en millions, pas en milliers…

 

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Autant vous dire que ces 15 millions sont largement commentés, contestés sur Twitter où certains internautes vont jusqu’à remettre en question les compétences en la matière du Dr Patrick Pelloux. N’empêche, si vous ouvrez le Parisien-Aujourd’hui en France pages 6 et 7, vous lisez quoi ? « C’est bien plus grave que prévu ».
Les médecins changent de ton nous explique le Parisien-Aujourd’hui en France. « On s’est trompés, il faut le reconnaître reconnaît aujourd’hui le Dr Gilles Pialoux, chef du service infectiologie de l’hôpital Tenon à Paris. On s’est trompés dit-il, et il faut arrêter de comparer le coronavirus avec une bonne grippe. Tous les jours nous voyons le nombre de malades, les patients arrivent de partout, nous sommes stressés. Et le médecin explique qu’il faut placer les gens face à la réalité. La grippe c’est un taux de mortalité de 0.1 à 0.2 % le coronavirus c’est 2 à 3 % et il ajoute, certes ce n’est pas le virus Ebola mais les Chinois ont vu des patients aller bien la première semaine et passer de la 2e à la 10e semaine en réanimation ». Alors certes « le virus touche plus fortement les personnes âgées mais on voit de plus en plus de personnes de 30 à 40 ans » et une infirmière qui préfère conserver l’anonymat jointe par le Parisien-Aujourd’hui en France déclare avoir dans son service des jeunes sans antécédent dans un état gravissime.

 

En Italie, il manque des respirateurs artificiels

Et il n’y a pas que des médecins qui tirent la sonnette d’alarme, les journalistes français basés en Italie dans une lettre ouverte envoyée hier aux autorités françaises et européennes les appelle à prendre la mesure du danger et la progression fulgurante du Coronavirus : « Nous avons recueilli les témoignages des personnels de santé italien, beaucoup nous font part d’une situation tragique dans les hôpitaux, les services de thérapie intensive saturés, le triage des patients, les plus faibles qu’on sacrifie faute de respirateurs artificiels suffisants ».

 

 

Et nos confrères pointent le décalage spectaculaire entre ce qu’ils observe sur le terrain en Italie et le manque de préparation de l’opinion française à un scenario de propagation massive du virus désormais admis par une énorme majorité d’experts scientifiques. Pourtant malgré la crise, la politique conserve ses prérogatives. Et j’aurais presque envie de vous dire, tant qu’il y a de la politique, il y a de l’espoir. Vous lirez dans les Echos comment Macron a renoncé à annuler les élections municipales sous la pression de Laurent Fabius président du Conseil Constitutionnel et Gérard Larcher président du Sénat, d’important rapports de force se sont exercés hier au sommet de l’exécutif.

 

Jean-Luc Mélenchon voit dans cette crise une étincelle qui peut faire basculer le capitalisme

« Annuler les municipales, c’eût été un déni de démocratie, brandir l’article 16, un coup d’Etat » rapporte Cécile Cornudet des Echos. La politique reprend ses droits à l’approche du scrutin mais pas seulement. Dans Libération le sociologue de gauche Edgar Morin estime que la crise va créer une vraie prise de conscience écologique, chez Mélenchon et dans l’Humanité on y voit l’étincelle qui peut faire basculer le capitalisme confère ce tweet de Mélenchon digne des grands soir : le corona virus dissout le néo libéralisme, Merkel supprime la règle du 0 déficit, Macron annule le jour de carence et la privatisation d’ADP, la chine communiste aide l’Europe, un monde s’écroule…..

 

Réécoutez l’intégralité de la Revue de presse de David Abiker

 

Et chez les souverainistes comme Ivan Rioufol du Figaro, ce genre de crise annonce le retour des Nations. Chacun tire donc la couverture du Coronavirus à sa porte. Il y aura donc de la fébrilité dans l’isoloir, c’est la une du Pèlerin tandis que la Croix hebdo titre « Municipales 902.465 candidats et moi, et moi et moi ». Je vous le dis tant qu’il y a de la politique et des ambitieux, il y a de l’espoir.

 

David Abiker

 

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