Miller adouci

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Quand je vois Gérard Miller à la télévision, il me donne des boutons. Je supporte difficilement son ton sentencieux, cassant, son terrorisme intellectuel qui sent son maoïste à peine repenti, toujours prêt à reprendre du service. Voilà pour le personnage. Je ne connaissais pas l’homme, j’étais curieux de le connaître et je n’ai pas été déçu car il vaut beaucoup mieux. D’abord son courage.

Il connaît très peu de choses en musique classique, mais n’a pas hésité à venir. Ensuite son humour non dénué d’auto-dérision. « Moi qui ai toujours un mot à dire sur tout, je voulais essayer une situation où je ne pouvais pas la ramener. »

La musique l’a humanisé notre Gérard Miller. Elle ne lui a pas coupé la langue (dieu merci), mais elle l’a lui a fait tourner sept fois : en rythme et dans le ton. Je crois qu’il a été touché par l’ambiance. A cette heure-là, le studio est très calme, on se retrouve seuls avec les employés de ménage, que l’on voit s’activer à travers la vitre de la régie, c’est une atmosphère très spéciale.

Gérard Miller nous a montré un aspect de lui-même qu’il montre rarement : ce mélange d’émotion et de désarroi face à un langage (la musique) dont l’essentiel échappe à l’analyse et à l’exégèse. A ceux qui me reprochent d’être trop gentil, je dirais que le but de cette émission n’est pas de déstabiliser l’invité. La musique s’en charge bien toute seule. Je suis là pour les tenir par la main et les mettre en confiance pour qu’ils ouvrent leur sensibilité si bien cadenassée parfois. Ce qui ne m’empêche pas de les taquiner dès qu’ils essaient de se cacher à nouveau derrière leur masque. Voici son programme :

Enfance : A yiddish mama (La chanson que me chantait ma mère)

 

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Madeleine 1 : Melocoton, Colette Magny. (Evoque mon adolescence ou plutôt la fin de mon adolescence, et le sentiment que j’avais alors que la mélancolie , que cette chanson évoquait si bien, était un piège)

Madeleine 2 : Espagne en marche, Paco Ibanez (Les débuts de mon militantisme : contre le franquisme, contre l’agression américaine au Vietnam)

Madeleine 3 : Mourir sur scène, Dalida (Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, j’aime les « chanteurs populaires »)

 

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Didon et Enée de Purcell (la mort de Didon) – Janet Baker

Don Juan de Mozart : Air du catalogue (Leporello) – Salvatore Baccaloni (version Fritz Busch)

La Traviata de Verdi – « Parigi o cara » Kleiber

Concerto pour piano n°1 de Chopin – 2e mvt – Zimerman (piano et direction)

Toccata et fugue en ré mineur de Bach

La Symphonie n°5 de Mahler (Adagietto) Abbado

Concerto n°3 de Rachmaninov – 3e mvt Argerich

La jeune fille et la mort de Schubert – 2e mvt – Amadeus