Michèle Reiser ou l’amour absolu

1. Elle est philosophe de formation, réalisatrice de documentaires, membre du CSA, aime passionnément l’opéra, vient d’écrire un bien beau livre (Jusqu’au bout du festin – Albin Michel, 139 pages, 14€) et a été la femme du dessinateur Reiser. Un amour fou brisé par la maladie du chantre du mauvais goût et de l’humour « crade »pour mieux fustiger la moralité de son époque et révéler l’absurdité de la condition humaine.

Michèle Reiser n’est pas de celles qui s’apitoient sur elles-mêmes. Sa voix est douce, musicale, aiguë et sa plume s’emploie à aller droit à l’essentiel avec le souci de sonner juste.

2. Fallait-il couper la Mort d’Isolde ou non ? Non, dit une auditrice en colère. On ne coupe pas Wagner ! Et d’en appeler au temple saint de Bayreuth où on l’écoute « à genoux » ! Et de mettre en doute mon amour de la musique. N’y a-t-il qu’une seule manière d’aimer ? Y a-t-il une « position du missionnaire » en musique en dehors de laquelle on serait damné ? En Israël, on n’écoute pas de Wagner, ce qui est une manière de régler le problème. En Iran, la musique « dangereuse » est interdite, ce qui est encore plus radical. Dans les ascenseurs, on ne l’interrompt jamais, mais est-ce qu’on l’aime pour autant ? Entre ces extrêmes, on devrait pouvoir trouver un compromis acceptable par tous. A Bayreuth, les Wagnériens (Cosima, veuve du grand Richard et fille de Liszt, en tête) ont laissé crever Liszt comme un chien parce qu’il ne fallait pas interrompre le festival. Attention à cet amour trop grand qui rend inhumain.

3. Merci à Erica pour son passionnant commentaire et ses informations précieuses sur le War Requiem de Britten (à lire après l’article sur Michèle Cotta).

Voici son programme :

Tosca de Puccini « Vissi d’Arte par Maria Callas (Sabata)

Madeleines

Traviata de Verdi : « Libiamo » avec Patricia Cioffi

Les pêcheurs de perle de Bizet « Je crois entendre encore » par Alain Vanzo

Love me tender d’Elvis Presley

Programme

Mort d’Isolde (Wagner) par Nina Stemme

Suite pour violoncelle seul de Bach n° 2, Prélude, par Tortelier

Turandot de Puccini, Nessun dorma par Pavarotti

Barbier de Séville de Rossini, air de la Calomnie par Raimondi

Chopin : Concerto n° 2, 1er mvt par Ivo Pogorelich

Noces de Figaro de Mozart « Non piu andrai »

Les 7 dernières paroles du Christ » de César Franck par Julie Cherrier