Michel Portal, l’homme qui parle aux oiseaux

Alterner entre la musique classique au jazz, en passant par la chanson, la musique traditionnelle, la musique contemporaine, bref, tout ce qui sonne, qui vibre ou qui chante, n’est pas donné à tout le monde. Lorsqu’on est perfectionniste et absolu dans son art, cela demande un effort considérable, autant dire un don total de soi. Quand il était au Conservatoire, Michel Portal avait inventé une sorte de « plaisanterie musicale » qui lui faisait enchaîner un thème du Sacre du printemps de Stravinsky avec la mélodie de La Vie en rose. Il a joué avec Boulez, Barbara, Nougaro, les grands du jazz et les oiseaux de son jardin, tel un Saint-François d’Assise de la clarinette. Il a inventé des sons par milliers pour le cinéma, l’improvisation, n’a pas dédaigné les fêtes populaires et les boeufs avec les copains. C’est l’une des têtes les plus musicales d’Europe et pourtant il reste à l’écart du système, comme un berger qui préfère la lueur des étoiles à la compagnie de ses semblables. Si en musique il a choisi la consanguinité et le mélange, il est demeuré, dans son éthique, pur comme un diamant, qu’on appelle aussi… un solitaire.
Voici son programme :

Petites Madeleines
– Django Reinhardt et Barney Bigard (clarinettiste) et Rake
Steurer trompettiste
– Ravel, Concerto pour la main gauche (Samson François)
– Jelly Roll Morton « Kansas City Stomps »

Autres :
Sidney Bechet « I want you tonight »
Quintette avec clarinette de Mozart – 2e mvt
Brahms : Sonate op. 120 n° 2
« Solitudes » une composition de Michel Portal