Michel Piccoli, saxo et cie

Michel Piccoli pose des questions et se garde bien d’y répondre. C’est cela un artiste finalement : interroger le texte et nous inciter à nous poser des questions sur le sens de la vie. Deux phrases m’ont marqué : « jouer d’un instrument en amateur sauve de bien des tristesses et remplit le vide de l’existence ». Et sa vocation pour le théâtre : « oser dire des choses qu’on ne dirait pas dans la vie ». Ces deux moments ont suffi pour rendre l’entretien important.

On pourra lui reprocher un programme musical en deçà des attentes suscitées par son verbe. Michel Piccoli n’écoute pas de musique chez lui. Mais il en parle si bien ! Fallait-il se passer de ce géant ? Parmi ses choix, il n’y avait que Boulez… Le reste s’est fait « au débotté », à la dernière minute. Fallait-il « tricher » en ajoutant des musiques qu’il n’avait pas choisies… J’ai préféré respecter l’intégrité de ce moment.

Un dernier mot. Il a beaucoup parlé d’orgueil, ce grand modeste. D’autres parlent beaucoup d’humilité comme pour se cacher derrière… Je vous laisse retrouver qui… Il se voit aussi « paresseux », ce fou de travail. Une bien belle rencontre, que j’espérais depuis longtemps.

Voici son programme :

Requiem de Mozart (Abbado)

Madeleines

Massenet : Méditaton de Thaïs (A.S. Mutter)

Ravel : Tombeau de Couperin

« UN fiacre allait trottinant » chanson de Léon Xanrof chanté par Yvette

Guilbert

Programme

Pierre Boulez: Dialogue de l’ombre Double

Georges Delerue: le Mépris

Musique de César et Rosalie (Sautet)

Legrand : Les Demoiselles de Rochefort (air de M. Damme)

Musique de Belle de Jour de Bunuel