Michel Fau, le parler vrai

Parmi les acteurs et les metteurs en scène, il est l’un des plus cultivés en musique. Passionné d’opéra et de grandes voix, fasciné par la catharsis au théâtre ou au concert, il milite en solitaire pour un art à la fois cruel et élégant, fin et intense, en dehors des modes et des idéologies. Michel Fau a été élevé au lait des tragédiennes de la scène lyrique et des comédiennes du boulevard. Entre Teresa Stratas et Maria Pacôme, il a trouvé le fil de qu’il cherchait confusément : un éclat de vérité entre l’éclat de l’âme et l’éclat de rire.
Avec peu de mots, mais des mots justes, il sait nous faire entrer dans son monde paradoxal. On lui doit la révélation de Nono, cette pièce du jeune Guitry (entre Feydeau et Léon Bloy) servie par des comédiens époustouflants, dont l’irrésistible Julie Depardieu.
Jérôme Deschamps a été bien inspiré de l’appeler à ses côtés pour monter une académie du chant français à l’Opéra Comique. Tout un répertoire va renaître de ses cendres grâce aux liens subtils et effacés entre la musique et la parole.
Voici son programme :
Verdi : Libiamo (Traviata) par Caballe et Bergonzi
Weill : Je ne t’aime pas (Teresa Stratas)
Brel : J’arrive (Juliette Gréco)
Et
Lambert : Ombre de mon amant (Guillemette Laurens)
R. Strauss : Ariane à Naxos (Elisabeth Schwarzkopf)
Wagner : Lohengrin (Gundula Janowitz)
et
Michel Fau dans une parodie de « Quelqu’un m’a dit »