Merveilleux Michel del Castillo

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Depuis la rentrée, ce rendez-vous avec Michel del Castillo est peut-être mon émission préférée. J’en profite pour remercier mon cher ami Jean-Claude Simoën, l’éditeur du Dictionnaire amoureux, de m’avoir mis en contact avec ce merveilleux écrivain, né sous un piano, qui considérait, enfant, au milieu de la fureur de la guerre civile, la langue française comme un « doux nocturne », comme « la langue de l’oreiller », c’est-à-dire de l’intime. Chacun de ses mots sonne juste et va au fond des choses. Sur le génie espagnol : intériorité, poésie et orgueil ; sur le génie français : l’intelligence, capable d’une « magnifique stupidité ». Et de rappeler l’aveuglement de Léon Blum, juif brillant, donnant du M. Hitler à l’auteur de Mein Kampf en 1938. Et de dénoncer les larmes de crocodile du Petit Père des Peuples, en Russie, qui évoque la grandeur de l’Homme tout en exécutant son peuple par millions. Et de s’irriter – on l’embrasserait pour cela – qu’on ne puisse plus rien dire aujourd’hui, plus rien entendre, plus rien comprendre, et que tout cela devient « emmerdant ».
Personnellement, dans son programme, il n’y a pas une note qui ne me touche profondément. Tout ce qu’il dit de Mozart, de Wagner, de Bach est marqué du sceau de l’exactitude et témoigne d’une culture vaste et profonde.
Michel del Castillo se méfie du pathos et du romantisme « suspect ». Il a eu une mère qui mentait comme elle respirait. Il aime donc les sons clairs et purs. Je repense au mot de Brendel sur ce qui constitue une consolation face aux laideurs de la vie : « le grand art et l’amour vrai ». Mais pour Michel del Castillo, le Bien est dans le Mal et inversement. Il nous invite donc d’abord à nous méfier de nous-mêmes, sans cesser d’être ouvert aux charmes de l’existence.
Voici son programme :

Madeleines

1- Esther Lamandier ? Romances sefarades (Harmonia Mundi)

« Durme mi angelino »

2- Albeniz « Granada » Alicia De Larrocha

3- Otchi tchernie (version par Louis Armstrong)

Musique classique

1- Mozart : Ode maçonnique

2- Wagner Mort d’Isolde Kirsten Flagstad Dir. Furtwängler

3- Bach : « Jesus que ma joie demeure? » par Dinu
Lipatti (1950)

4- Tomas Luis de Victoria « Officium Defunctorum » Intröitus

5- Mozart « Les noces » – E.Schwarzkop « Porgi, amor »

« Mélodies d’amour »

1- Damia -« J’ai perdu ma jeunesse »

2- Barbara – « Dis, quand reviendras-tu ?…. »