Médecine : faut-il encore toucher les patients ?

Si vous ouvrez la Croix ce matin, vous trouverez une enquête sur cette médecine qui ne touche plus les patients, cette médecine qui ne va plus au contact. C’est évidemment la faute du coronavirus mais pas seulement.

 

Les médecins ne veulent pas qu’on les soupçonne de tripoter les patients

Masque, téléconsultation on ne tâte plus, on ne palpe plus, bref l’auscultation d’autrefois cède la place à la distanciation médicale. A la Croix, le Dr Alain Rotivel explique que le contact physique reste une source de savoir irremplaçable pour le médecin et qu’il est bien incapable de diagnostiquer une gastro s’il ne peut pas palper le ventre de son patient. Et cet éloignement physique ne date pas du coronavirus.

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Depuis 30 ans, trois phénomènes tendent à éloigner le patient des mains de son médecin. Le premier c’est le politiquement correct et la montée de la pudeur. Les médecins ne veulent pas qu’on puisse les soupçonner de tripoter leur patient. Le deuxième phénomène expliqué à la Croix par le Dr Stanis Pérez auteur du Livre une histoire des médecins de l’antiquité à nos jours, c’est la formation. « De plus en plus » explique-t-il à la Croix, « on explique aux futurs médecins que le bon diagnostic ne se fait pas par l’observation ou par le geste mais par le calcul ».

 

Martin Winckler affirme que le geste médical doit toujours être explicité

3e phénomène, les performances de l’imagerie médicale. Ceci dit, conclut la Croix, fini les médecins qui sitôt passé le pas de la porte vous demandent de vous déshabiller. Et La Croix ouvre le débat sur ce que doit être le toucher éthique ! « Le geste doit toujours être explicité » explique le médecin et romancier Martin Winckler tandis que la docteur Isabelle Pendola explique que la formation des médecins intègre de plus en plus la notion de pudeurs, intègre la voix des patients et estime que toucher un patient suppose au préalable une relation de confiance. Que nous dit la Croix en clair ? Que le contact entre le médecin et son patient devient une affaire diplomatique et que l’autorité médicale doit désormais montrer patte blanche si j’ose dire.

David Abiker

 

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