Matthieu Pigasse loue l’anormalité

À propos des patrons de gauche me revient en mémoire ce trait de Michel Audiard dans la bouche de Jean Gabin (Le Président) : « Il y a aussi des poissons volants, mais ça ne constitue pas la majorité du genre. »
Proche de DSK qui a payé cher sa singularité, Matthieu Pigasse a écrit un éloge de l’anormalité qui enfonce quelques portes ouvertes dans un pays désespérément immobile, refusant obstinément l’évidence de la mondialisation et la nécessité de réformes.
Le personnage est complexe derrière ses airs de jeune loup de la finance, rock’n roll et cordial, attiré par la lumière médiatique comme pour mieux cacher ses zones d’ombres. Atypique, belle machine intellectuelle, moins cool qu’il ne veut le laisser paraître, Matthieu Pigasse est aussi un fou de musique où il perçoit peut-être la possibilité de réconcilier la part de logique et de liberté, d’ordre et de désordre, de pulsions et de raison, d’individualisme et de collectivisme qui semblent déchirer son âme, comme celle de notre temps.

Voici son programme :

– Strauss : Vier letze lieder, Im abendrot (par Elizabeth Schwartzkopf)
– Haendel : Sarabande (BO du film Barry Lindon)
– Philip Glass : Metamorphosis Two
– Grieg : La marche des trolls

Madeleines :

– Sex Pistols : « Anarchy in the UK »
– The Cure : « A reflection »
– Antony and the Johnsons : « You are my sister »