Marlène Schiappa « Age minimal du consentement sexuel : il serait logique de l’établir à 15 ans »

Ce matin à 8 h 15 sur Radio Classique

Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes

Invitée de Guillaume Durand

« Age minimal du consentement sexuel : il serait logique de l’établir à 15 ans »

Extraits

A propos de la lutte contre le harcèlement sexuel

« [L’affaire Weinstein a été] une déflagration mondiale, un tournant historique. »
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« Les plaintes pour harcèlement sexuel ont augmenté de 30 % en France. Les appels au 39 19 ont augmenté aussi considérablement. »
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« Twitter ne remplace pas un tribunal. Il [existe] une présomption d’innocence dans notre Etat de droit, qui s’applique à tout le monde. »
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« Je me réjouis de cette augmentation des plaintes : cela prouve que les femmes ne font pas que parler sur les réseaux sociaux. (…) C’est [maintenant] à la Justice de trancher. »
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« L’Etat doit intervenir et légiférer quand il y a contrainte, donc dans les cas de viols et violences sexuelles. »
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« Je n’ai pas l’impression que [se déclenche une guerre entre les hommes et les femmes]. »
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« Mais si on est en train de transformer la société, tant mieux : il y a 84 000 viols par an en France depuis des années, 216 000 agressions sexuelles. Il y a aussi des hommes victimes de violences sexuelles, mais on n’a pas de chiffres fiables. »
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« L’idée est d’abaisser le seuil de tolérance de la société aux violences sexuelles. (…) Ce n’est pas une guerre des sexes, c’est un combat culturel. »
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« [Emmanuel Macron] a fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause nationale de son quinquennat. Il avait pris conscience de l’ampleur de ce phénomène… »
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« Le président a [affirmé à la télé], devant plus de 8 millions de spectateurs, que ce n’était pas aux femmes harcelées d’éprouver de la honte mais que c’était à ceux qui les harcèlent de se sentir honteux. C’est la première fois en France qu’un président de la République se tient aussi clairement du côté des victimes et prend leur défense. »

A propos de l’âge du consentement sexuel

« Il s’agit d’établir un seuil de présomption irréfragable de non-consentement sexuel. (…) On [définit] un âge en dessous duquel un enfant ne pourrait jamais être considéré comme consentant. »
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« Cela n’existe pas (…) dans la loi française. Actuellement, on peut parler d’atteinte sexuelle, mais débattre du fait qu’un enfant aurait été consentant ou pas. (…) Le but est qu’à l’avenir on ne débattrait pas du consentement d’un enfant. »
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« Le Haut Conseil à l’égalité recommande 13 ans, les parlementaires sont plutôt sur 15 ans. Avec la garde des Sceaux, nous n’avons pas voulu décider arbitrairement mais faire une loi citoyenne. »
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« Je pense que ce serait plus logique de [l’établir] à 15 ans pour l’aligner sur l’âge de la (…) majorité sexuelle. »
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« La loi de 2018 sera une grande loi sur les violences sexistes et sexuelles avec cette présomption de non-consentement irréfragable qui protège les enfants. Il y aura un allongement des délais de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs. L’idée est d’arriver à 30 ans. »

A propos du harcèlement de rue

« Nous devons [réussir à] caractériser ce harcèlement de rue. Un groupe de cinq parlementaires – de tous bords politiques – est en train de plancher pour [établir cette définition]. »
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« La loi peut le définir. Quand on avait défini le harcèlement moral au travail dans la loi, on entendait les mêmes réticences qu’aujourd’hui. »

A propos de la remise en cause de certains artistes

« En tant que romancière, je ne suis pas favorable à un retour à l’ordre moral. Je suis [pour] la liberté de création totale et absolue. »
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« Là, il n’est pas question de mœurs ou d’ordre moral, mais de violences sexuelles. »
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« J’ai été choquée que la Cinémathèque programme pour 2018 une rétrospective avec mise à l’honneur d’un cinéaste – Jean-Claude Brisseau – condamné à deux reprises pour agression sexuelle et harcèlement sexuel. »
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« Il ne s’agit pas des œuvres. Si l’œuvre d’art met en scène un viol avec tel ou tel message, c’est l’œuvre d’art. Mais que la personne condamnée soit glorifiée, ça me gêne… »