Marielle Nordmann : « La musique est ma vie »

La grande harpiste Marielle Nordmann a mis le doigt sur la difficulté pour un musicien de bâtir un programme. La musique, pour elle, n’est pas seulement un « hobby » ou même une passion, c’est sa vie. Et comment réduire sa vie à quelques morceaux de musique.
Ce matin, dans un bateau sur la Neva, à Saint-Pétersbourg, le chef d’orchestre Tugan Sokhiev nous a confié, face à la caméra de Franck Chaudemanche, cette même difficulté à décrire quelque chose d’aussi intime, d’aussi naturel et d’aussi indicible.
Ce préalable étant posé, Marielle Nordmann a magnifiquement réussi à nous faire partager ce secret (tout comme Tugan Sokhiev, rendez-vous le 12 juillet sur France 2).
Je retiens sa description de l’effet provoqué par la musique de Wagner : « comme si je sortais de moi-même », son impression d’être joué et non plus de jouer, lors de la mort de sa mère et de celle de Lili Laskine. Et cette certitude de jouer pour la dernière fois et de tout donner depuis qu’elle a échappé à la mort après un accident de voiture.
« Quand on échappe à la peur (d’être jugé), il ne reste que l’amour. On s’abandonne… » Tout est dit sur la vie du musicien (ou de l’être humain en général), ou du moins, l’essentiel est dit.
Voici son programme :

* Berlioz; Nuits d’Eté n°2 « le spectre de la rose »avec Crespin

* Rachmaninov; concerto n°2 avec Richter (varsovie philarmonique, dir
Wislocki) 3e mvt

* Brahms; Requiem plage 5 avec Schwartzkopf

* Catalani; « La Wally » Callas Ebben neandro lontana

* Chausson; poème avec Ginette Neveu

Madeleines

*Strauss le beau Danube bleu

* Wagner – Duo d’amour : Tristan et Isolde

* Brahms – Rhapsodie pour contralto et choeur d’hommes

Vie : Sirba Octet n°3 – du Shtetl à New York.

Amour : air de Louise de Charpentier

Mort : Kazansky; choeur n°4