Mantovani à Lille (joyeuse !)

Nous étions en direct de la librairie Le furet du Nord à Lille. On a essayé d’avoir Maurois, Aubry (elle avait d’autres chats socialistes à fouetter), Alain Decaux, Chatilliez, Dany Boon, bref des personnalités ayant un rapport avec le Nord. Personne n’était libre. Le principe de l’émission est d’inviter des personnalités étrangères au milieu musical, mais à chaque fois que l’occasion se présente, c’est toujours un plaisir d’inviter des musiciens, qui veulent bien jouer le jeu du simple mélomane. Bruno Mantovani est le compositeur en résidence de l’Orchestre national de Lille. Il est « à la mode » et écrit de la belle musique. Tout le monde se l’arrache ! Je l’ai donc appelé, non sans avoir demandé à Laure Mézan, qui l’avait invité dans son émission depuis plusieurs semaines, si cela ne la dérangeait pas. Comme Laure est très gentille, elle n’a pas émis d’objection . Bruno Mantovani est une personnalité intéressante et atypique dans le milieu de la musique contemporaine. A 34 ans, il a déjà un corpus d’oeuvres impressionnant. Sa musique est raffinée sur le plan des timbres et possède un sens du rythme indéniable. Le personnage est intelligent et sympathique. Il dit ce qu’il pense sans peur de déplaire et sans agressivité ni rancoeur contre le monde entier. Une nouvelle génération est en marche. Avec sa femme, la pianiste arménienne Varduhi Yeritsyan, ils forment un couple de Papageno et Papagena tout à fait charmant.

Son programme était forcément intéressant : l’ouverture de Genoveva de Schumann, qu’on n’entend jamais, les Niais de Sologne de Rameau… Un compositeur a toujours une vision de la musique aux strates multiples. On est curieux de savoir ce qu’ils vont dire sur telle oeuvre parce qu’ils la connaissent de l’intérieur. De mon côté, tout l’exercice consistait à creuser juste assez pour que cela ne devienne pas une conversation de spécialistes.

Mendelssohn : Canzonetta du Quatuor op. 12

MUSIQUES DE L’ENFANCE :

•Beethoven : 5e symphonie, dirigée par Karajan (enregistrement des années 1960). Premier mouvement.

•Fauré : Requiem : Libera me (version dirigée par Cluytens).

• Claude Nougaro : Dansez sur moi.

HUIT EXTRAITS :

• Mozart : Cosi fan tutte : Premier acte : Quintette vocal des adieux (version Karajan années 1950).

• Mantovani : Le sette chiese (disque Kairos) : deux derniers mouvements.

• Miles Davis : Stella by starlight : live « My funny Valentine – Four and more », 1963.

• Schumann : ouverture de Genoveva : version de Bernstein (disque où il dirige la 5e de Schubert).

• Schubert : Gretchen an spinnrade : version de Kathleen Ferrier.

• Rameau : les Niais de Sologne (avec les deux doubles) : version de Scott Ross.

• Berg : Sonate pour piano : version de Pollini.(pas diffusé)

Scherzo fantastique de Stravinsky (dirigé par Stravinsky)

Début de la Création de Haydn par Karajan (pas diffusé)