Machines à coudre : Quand les autorités médicales du 19è siècle s’inquiétaient d’un « plaisir » des femmes liées aux vibrations

Le Figaro publie ce matin un article étonnant dans ses pages Santé, consacré à l’introduction de la machine à coudre dans les ateliers de confection français à la fin du 19e siècle. Le journal revient sur l’inquiétude des plus hautes autorités médicales face au plaisir que les femmes auraient pu prendre en découvrant la machine a coudre à pédale et ses vibrations.

« Comment imaginer que les couturières s’adonnaient au plaisir solitaire en travaillant 10 heures par jour »

Cette crainte en dit long sur ce siècle qui s’est méfié chaque fois qu’un progrès technique a pu émanciper un peu les femmes, et les soulager d’un peu d’effort. Evidemment, il fallait la société puritaine et paranoïaque du 19e siècle pour imaginer que les couturières s’adonnaient au plaisir solitaire en travaillant 10 heures par jour. Il n’empêche que les autorités médicales au service de la productivité sont inquiètes. Vous lirez ainsi dans le Figaro les observations délirantes et voyeuses publiées par un médecin dans le bulletin de la société médicale des hôpitaux de Paris.

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« J’entends tout à coup un des appareil fonctionner avec plus de vitesse que les autres. Une brunette de 18 à 20 ans y coud un pantalon. Sa face s’animait, sa bouche s’entrouvrait, ses narines se dilataient et le va-et-vient des pieds entraînait la pédale dans un mouvement toujours croissant. Bientôt je vis ses yeux se convulser, ses paupières s’abaisser, sa tête pâlir et se renverser en arrière, ses jambes s’arrêter et se détendre, un petit cri étouffé suivi d’un long soupir se perdit dans le bruit de l’atelier ». Le Figaro note que la concentration et le soulagement d’avoir terminé une tâche tout simplement exténuante et ardue n’ont apparemment pas été envisagés par le Dr Pouillet.

David Abiker

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