Macha Méril n’est bas bleu fière…

Macha Méril, l’invitée classique d’Olivier Bellamy
Ce n’était pas intentionnel d’inviter Macha Méril, princesse Gagarine de la Sainte Russie, le jour de la mort de Louis XVI. Ça a failli être une bonne idée car l’actrice, soit par dédain soit par idéologie, s’est démarquée de ce qui apparaissait comme un folklorique et encombrant héritage. Quelques auditeurs, sourcilleux sur le respect de cette date, se sont manifestés par Internet. Sang bleu, cordon bleu (je n’ai pu m’empêcher de m’attarder autour de son livre sur les haricots, créant un « vent » d’incertitude), Macha Méril n’hésite pas, quand la passion et l’enthousiasme dictent ses mots, à passer pour un bas bleu, ces « femmes savantes » du XIXe. Je ne partage pas son engouement pour George Sand. Le jugement lapidaire de Baudelaire me brûlait les lèvres : « Elle n’a jamais été artiste. Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde. » Si George Sand demande tellement à être défendue, c’est ce que ses livres ne peuvent pas le faire pour elle.  En faisant remarquer que Chopin avait écrit ses plus grands chefs-d’oeuvre dans les neuf ans durant lesquels il a été couvé, materné par George Sand, Macha Méril a tenté d’induire dans l’esprit de l’auditeur que c’était grâce à elle (George Sand pas Macha Méril), somme toute, que Chopin avait du génie. Ce n’était pas dit si cru, bien sûr, mais on pouvait croire que grâce à ses chocolats chauds, ses soirées à Nohant et ses conversations pittoresques George a apporté ce supplément d’âme qui manquait tant aux rengaines de son » Chopinet ». Je ne voudrais pas tomber dans l’excès inverse et surtout pas emboîter le pas aux biographes du compositeur polonais, les « Veuve Frédéric », qui, d’une plume tremblante de colère dénient tout talent à l’écrivain français. Non ! mais penser qu’on ait pu, de quelque manière que ce soit, influencer un esprit aussi élevé, raffiné et critique que Frédéric Chopin est faire preuve d’une charmante naïveté. L’une écrivait un livre en trois nuits quand l’autre mettait des années à opter pour deux croches ou une noire pointée. Ce n’est pas tout à fait pareil. 

N’étant pas sûr de rester à ma place de « sage femme des ondes », qui aide ses invités à accoucher… d’un sourire, je me suis tu. Qu’on me pardonne, mais je n’ai pas pu me retenir quand Macha Méril a porté Wagner aux nues pour mieux envoyer aux pelotes de la gnognote Verdi et Puccini. Les corrections corporelles ont été supprimées à l’école. Pourquoi ne pas les réintroduire dans les interviews ? De même, Macha Méril aime Debussy et pas Ravel. Pourquoi ? Mystère. Peut-être a-t-elle besoin de repousser l’autre pour s’arroger l’un. Qui sait ? Voici son programme :

Chopin : 4e Prélude par Marc Laforêt

« MADELEINES:
Brassens. Un p’tit coin d’parapluie


Choeur orthodoxe, voix bulgares

Helen Merrill

MORCEAUX CLASSIQUES:


Schubert Adagio quintett cordes (Alban Berg)

Stravinski le Sacre (Boulez)

 Wagner Tannhäuser ouverture

Beethoven quatuor à cordes n° 15 – 3e mvt – LaSalle

Debussy la cathédrale engloutie (extrait) Bavouzet