Lyon teste une peinture anti-chaleur sur les trottoirs

La métropole de Lyon vient de poser, mercredi 7 juillet, une peinture anti-chaleur sur un trottoir d’un quartier très fréquenté. Peinture, toitures végétalisées, brumisateurs, comme à Lyon, les villes multiplient les tests pour tenter de lutter contre un phénomène qui n’a rien d’anecdotique : l’effet d’îlot de chaleur urbain.

La peinture anti-chaleur est fabriquée avec des billes de céramiques

Lors des canicules, ce phénomène transforme les villes en four. La chaleur est stockée toute la journée dans les surfaces très minéralisées des villes, le bitume, le béton, puis est restituée la nuit. Il peut y avoir jusqu’à 10 degrés de différence entre une rue chaude d’une ville, et une zone rurale située à 10 kilomètres, d’où l’idée de cette peinture installée à Lyon. Bruno Bernard, président de la métropole de Lyon, explique que « cette peinture est fabriquée avec des billes de céramiques. Selon les premières mesures dont nous disposons, nous gagnons environ 10 degrés au sol. Hier nous avons relevé une température de 35° à l’endroit de la peinture, contre 45° là où il n’y en avait pas ». C’est la composition de cette peinture qui joue, les billes de céramique créent un isolant thermique. La peinture a été posée sur 100m2 pour un test qui va durer 1 an.

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L’objectif est de tester la durée de vie de cette peinture, souligne Bruno Bernard, d’autant qu’elle a été appliquée dans un quartier très fréquenté. « Cette méthode évite les travaux lourds », poursuit-il, « puisque mettre une peinture sur un enrobé est assez simple aujourd’hui ». Ailleurs, certaines villes -comme Los Angeles depuis quelques années-, posent de la peinture blanche sur la route, qui réfléchit la chaleur au lieu de la stocker. Les toitures sont également peintes en blanc.

 

Des supports végétaux sur les toitures

Parmi les autres expérimentations : les pavés rafraîchissants, qui par évapotranspiration diffusent l’eau pluviale stockée sous les pavés. Et puis il y a la végétalisation. L’entreprise française Le Prieuré a lancé il y a 4 ans des toitures végétalisées Oasis : des bacs posés sur les toits retiennent l’eau de pluie, alimentent les plantes et rafraîchissent la toiture. Jean-Christophe Grimard, responsable recherche et développement de l’entreprise précise que sans ces supports végétaux « la température des toitures peut grimper jusqu’à 65/70° pendant les journées bien ensoleillées. Avec ce nouveau système, le thermomètre ne montra pas au-dessus de 40° ». Une trentaine de ces toitures ont été posées à Paris, à Lyon ou même à Milwaukee aux Etats-Unis. Deux oasis rafraîchissantes, avec de la végétation, des pavés, sont testés par exemple cet été à La Défense. La différence de température entre une rue chaude et une rue ombragée peut atteindre 4 à 5 degrés dans un même quartier.

Baptiste Gaborit

 

 

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