Luca Giordano : le retour d’un peintre napolitain prodigieux et oublié

Luca Giordano est exposé pour la première fois en France au Petit Palais. Vous avez jusqu’au 23 février pour découvrir ce peintre baroque, artiste majeur du XVIIe siècle tombé injustement dans l’oubli !

 

Le triomphe de la peinture napolitaine

Artiste de nos jours totalement oublié, Luca Giordano n’en est pas moins un peintre italien de très grande envergure. Né à Naples en 1634, il se forme auprès de Jusepe de Ribera et intègre très vite les innovations de son temps tout comme les techniques des maîtres du passé. Son œuvre évolue continuellement depuis le naturalisme jusqu’à des mises en scène baroques d’une fougue inégalée. L’exposition met en valeur son exceptionnelle virtuosité à travers la présentation de près de 90 œuvres. Cette rétrospective constitue le second volet de la saison que le Petit Palais consacre à Naples. Au cœur de cette grande exposition : les projections des fresques que Giordano a peintes au Cazon del Buen Retiro et de l’église Saint-Antoine-des-Allemands de Madrid. Une expérience immersive saisissante.

 

Giordano : « l’éponge » qui absorbe tous les peintres qu’il rencontre

Si Giordano était un objet, il serait … une éponge ! Christophe Léribault, directeur du Petit Palais et commissaire de l’exposition, s’explique : « Il absorbe beaucoup de leçons d’artistes du passé, de toute époque, aussi bien de Dürer, de Raphaël, du Titien, de Véronèse. On trouve chez lui plein de citations, ce n’est pas quelqu’un qui manque d’inspiration mais il picore dans toutes les périodes de l’art pour recomposer des choses actuelles, à sa manière. »

Formé dans le sillage de Ribera, il commence par pasticher Raphaël, le Titien, Dürer. Ses imitations sont si bien réussies qu’il est difficile pour les historiens de l’art de les différencier de l’œuvre originale. Sa Vierge à l’Enfant avec saint Jean Baptiste a ainsi été attribuée à Raphaël pendant de nombreuses années. A Rome, il se saisit de la modernité baroque et s’imprègne des innovations d’un Rubens ou d’un Pierre de Cortone. Giordano a l’art de s’emparer des grands courants et de se les réapproprier pleinement.

 

Vierge à l’Enfant avec saint Jean Baptiste – Giordano (1664)

 

 

Un artiste prolifique : une rapidité d’exécution qui fait sensation

5 000. C’est le nombre de tableaux et fresques qu’a peint Giordano. Très vite reconnu dans toute la péninsule italienne, il reçoit beaucoup de commandes qu’il réalise à une allure fulgurante. Il a bien mérité son surnom, « Luca fa presto » (Luca qui va vite) !

 

« Aujourd’hui, Giordano est bien moins populaire que Caravage »

De son vivant, Giordano est considéré comme un peintre d’exception. Son rayonnement dépasse l’Italie. Sollicité par la France, il décide finalement de s’installer à la cour de Charles II d’Espagne à partir de 1692. Il est une des figures les plus emblématiques de la peinture du XVIIe siècle européen, une étoile de la période baroque qui influencera les artistes du siècle suivant, mais qui tombera ensuite dans l’oubli. « Aujourd’hui, Giordano est bien moins populaire que Caravage » nous explique Stefano Causa, commissaire de l’exposition. Ce manque de popularité explique le peu d’expositions qu’on lui a consacrées : une à Naples (2001), deux à Madrid (2002 et 2008). C’est la première rétrospection en France, et elle se termine dans quelques jours !

 

Exposition Luca Giordano (1634-1705) – Le triomphe de la peinture napolitaine, au Petit Palais jusqu’au 23 février.

 

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