L’OPÉRA CONTEMPORAIN FAIT PEAU NEUVE

Après une première édition en CD chez Nimbus, l'opéra « Written on skin » de Benjamin révèle tout son impact dans une nouvelle publication en DVD.

Royalement servi, l’opus majeur de George Benjamin ! Après la diffusion en streaming par Medici TV de sa création aixoise, dont Nimbus vient de publier la bande-son (Choc, cf. Classica n° 157 auquel on renvoie pour l’impact de la partition), il retrouve l’écran avec cette nouvelle captation réalisée au Covent Garden dix mois plus tard. Copie conforme, la distribution étant à l’Ange 2 près celle de la création, et la production celle prévue pour une scène large, certaines reprises (à l’Opéra-comique par exemple) ayant dû rétrécir le décor, et faire disparaître l’escalier latéral, si nécessaire au suicide final. Le spectacle est rodé dans le moindre détail de sa parfaite mécanique, et la captation montre l’investissement de chacun : le mystère quasi planant de Bejun Mehta transformant cet Ange 1/ Boy qui comme dans le film de Pier Paolo Pasolini Théorème, vient bouleverser l’équilibre en fait précaire d’un ménage, l’isolement obtus de Christopher Purves qui n’a comme réponse que la haine et la violence, et la métamorphose de Barbara Hannigan, passant de l’épouse soumise à la femme libre, de ton, de corps, de chant, de pensée, qui choisit la mort comme un vrai bonheur. L’arche tendue par George Benjamin, chef/ compositeur se retrouve dans la production scénique de Katie Mitchell, de plus en plus vive, le mystère des espaces-temps, subtil socle de l’œuvre, est parfaitement rendu par la captation. Si vous ne savez pas encore que c’est majeur, c’est que vous avez loupé une marche de la création lyrique contemporaine. Précipitez-vous, car finalement, c’est nous qui sommes royalement servis.