Liszt, le pèlerin magnifique

Sortie du livre de Philippe André consacré à son musicien préféré : Franz Liszt.

Accueilli chaleureusement, dans ces mêmes colonnes, à l’occasion de ses deux précédents ouvrages consacrés au Franz Liszt des Années de pèlerinage (Aléas), Philippe André retrouve son musicien préféré pour se confronter à ses dernières partitions. Non que ses Années de pèlerinage, qui couvrent plus de quarante ans de sa prodigieuse carrière de pianiste virtuose et voyageur, soient moins sincères et intimes que les œuvres crépusculaires de la fin. Mais le style ascétique de cette musique arrachée au silence et portée par des titres aussi évocateurs que Nuages gris, Le Chant du berceau, La Lugubre Gondole, Sans sommeil ou Étoile maudite a quelque chose de profondément étrange. Comme si Liszt, devenu abbé, était déjà passé de l’autre côté du miroir ou, bien au contraire, touchait une grâce qu’il voulait faire partager au monde entier. Imprévisible et déroutant, cet ultime pèlerinage, selon l’auteur, " relève d’un romantisme radical, et se trouve en même temps planté de toute la pointe de son javelot dans le sol du XXe siècle ". En neuf stations, le parcours du saint musicien.
Nuages gris, le dernier pèlerinage de Franz Liszt, Philippe André, éditions Le Passeur, 168 p., 16€.