L’histoire de la peinture à sauts et à gambades

« L’histoire de la peinture en moins deux heures ». La promesse sonne comme un slogan marketing. Hector Obalk a retenu la leçon d’Andy Warhol qu’il estime être un génie, non pas du pinceau, mais de la publicité (Andy Wharol n’est pas un grand artiste, 2001). Une thèse audacieuse qui lui vaudra pendant 9 ans de ne plus être publié dans beaucoup de revues spécialisées. Et si « le courage était d’être antipathique »  ? lance-t-il à son auditoire du Théâtre de l’Atelier à Paris.   

 

Grands concepts par petites touches 

Dans cette conférence intelligente, le critique d’art dépeint par petites touches quelques grands concepts de l’histoire de la peinture. Des Primitivistes italiens aux grands peintres de la Renaissance, des Maniéristes aux artistes de la Modernité  : l’œil du spectateur est captivé par des projections mouvantes et des arrêts sur image étonnants. Nous chaussons nos bottes de Sept lieux pour traverser à pas de géant les tableaux de Giotto, Michel-Ange, Caravage, Braque, Yves Klein… C’est avec délices que l’on tente de débusquer quelques détails cachés. L’oreille est aussi enchantée par la présence sur scène d’un violon et d’un violoncelle. La musique de Bach, ou encore celle d’Haydn vient illustrer le propos et accompagner cette remontée dans le temps.  

 

Un manifeste pour la critique d’art    

Hector Obalk est à l’image de son sujet : haut en couleur. Avec sa verve tranchante, l’historien d’art n’hésite pas à s’attaquer à certains tableaux célèbres. Il ne demande pas au public d’adhérer. Au contraire, il le provoque. Son regard sur la surenchère métaphysique dans l’art contemporain est plein d’ironie. Au bout du compte, ce spectacle nous offre un panorama des grands mouvements picturaux. La délectation d’Hector Obalk est contagieuse. Les anecdotes personnelles se mêlent à l’histoire de la peinture dans un joyeux désordre. Son ton léger nous éloigne de la solennité du musée. La convivialité du théâtre se substitue au silence traditionnel de la contemplation solitaire. Derrière l’ambition généraliste de ce spectacle concept se dessine en creux un authentique manifeste pour la critique d’art.  

 

Réservations :  ici

 

 

Arthur Barbaresi  

 

 

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