Lettre ouverte aux fantômes les miens, les vôtres & peut-être les leur(re)s

Les lettres ouvertes des éditions le Realgar sont autant de missives, confidentielles (ou presque), destinées à tous et à personne.

Chacun y trouvera son grain de folie pour un cheveu de raison.

La dernière en date est le fait d’Eric Poindron, adorateur des étrangetés communes et ponctuelles, des curiosités clairsemés au hasard, ou plutôt au détour de l’œil aventureux, attentif ou flottant autour d’on ne sait quel orbite.

Tôt dans la lettre, Oscar Wilde, convié, nous informe en personne que « ils (les brouillards) n’eurent pas d’existence tant que l’art ne les eut inventés ». L’auteur nous invite alors, et non sans malice, à remplacer « brouillard » par « fantôme ».

Car c’est bien d’ « eux » dont il s’agit. Cette lettre nous livre, à travers les murs et les âges, toute une réflexion, ou plutôt un appel légitime au doute comme à la certitude, sur les fantômes.

En effet, que / qui / – et quand sont-ils, les fantômes ?

L’auteur le démontre, les définitions n’aident pas à répondre. Il faut alors chercher – creuser – du côté de la littérature et des sciences.

Mais, même dans le cas indémontrable où les fantômes sont un mensonge, Javier Cercas nous dit en instance de cette lettre que « le résultat du mélange d’une vérité et d’un mensonge est toujours un mensonge, sauf dans les romans où c’est une vérité. »

L’imagination s’ancre bel et bien dans la mémoire, consciente et inconsciente pour nous, fantômes de chaque instant.

« Compagnons des confins », êtres – déjà morts, déjà vivants -, comme eux nous ne sommes au fond qu’en visite…

Stan Silla