Les Trophées Radio Classique : Justin Doyle dirige l’un des fleurons de la musique sacrée de Joseph Haydn : la Missa Cellensis.

C’est lorsque le jeune Haydn est promu maître de chapelle du prince Nicolas Esterházy qu’il compose sa Missa Cellensis, une œuvre aux vastes proportions dont les nombreuses copies conservées témoignent de la popularité. Dans cette interprétation tout en contraste, le RIAS Kammerchor et l’Akademie für Alte Musik confirment leur aptitude extraordinaire à révéler chaque subtilité d’une composition aux ressorts quasi opératiques !

Cette semaine : Justin Doyle dirige l’un des fleurons de la musique sacrée de Joseph Haydn : la Missa Cellensis.

Dédiée à la Vierge Marie, la vaste Missa Cellensis, également dénommée Missa Sanctae Caeciliae, suit le modèle de la messe à numéros fréquemment pratiqué au XVIIIe siècle. Il a été suggéré que ce dernier titre est dû à l’exécution de l’œuvre par la Congrégation de sainte Cécile, une confrérie de musiciens viennois pour une fête de Sainte Cécile (un 22 novembre), mais cela reste totalement sujet à conjecture. Les versions « traditionnelles » d’Eugen Jochum (DG) et Rafael Kubelik (Orfeo), tous deux entourés de solistes superlatifs, ont longtemps trôné au sommet de la discographie, mais la présente version, captée en public au Konzerthaus de Berlin, ne manque pas d’atouts, à commencer par les phrasés cursifs et ductiles de l’Akademie für Alte Musik dont l’effectif allégé permet la mise en exergue de certains détails instrumentaux aux cordes : épinglons les jeux d’imitation entre premiers et seconds violons – un peu dans l’esprit d’un concerto grosso (Kyrie), les ritournelles bondissantes (Gloria) ou la rythmique véhémente (Qui tollis). Justin Doyle obtient une fusion parfaite des instruments (anciens) et d’un RIAS Kammerchor en grande forme, notamment dans le bouleversant « Benedictus ». Le quatuor de solistes, galvanisé par le concert, comprend la soprano Johanna Winkel, la mezzo Sophie Harmsen, le ténor Benjamin Bruns et la basse Wolf-Matthias Friedrich, à qui incombe le concentré « Agnus Dei » et son rythme lancinant.

Joseph Haydn : Missa Cellensis in honorem Beatissimae Virginis Mariae. Solistes, RIAS Kammerchor, Akademie für Alte Musik Berlin, dir. Justin Doyle

 

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