Les Modigliani : un rêve à quatre

 Olivier Bellamy et Philippe Bernhard sur Radio Classique

« Ton devoir réel est de sauver ton rêve », a écrit Modigliani. Avec cette phrase, le peintre des personnages au long cou est devenu le « parrain » de quatre garçons qui n’ont pas la trentaine et qui sont devenus l’un des meilleurs quatuors à cordes d’aujourd’hui. Ils ont travaillé avec les meilleurs : le Quatuor Ysaÿe en France et le Quatuor Artemis en Allemagne. Grâce à Georges Zeisel et son association ProQuartet, la France est redevenue une terre de quatuors à cordes.

La polyphonie à quatre est une merveilleuse aventure : un répertoire fantastique. Mais c’est aussi un sacerdoce. On dit parfois qu’il faut dix ans de travail acharné pour trouver l’homogénéité… et quelques semaines pour tout perdre ! Un quatuor, c’est quatre musiciens, mais un seul artiste !

Au début, on ne gagne pas très bien sa vie car ce n’est pas forcément une musique grand public et il faut partager les premiers cachets à quatre. Et pas question de cachetonner dans les orchestres puisqu’il s’agit de se construire un répertoire. Il faut très bien s’entendre : on travaille et on voyage ensemble. Parfois même on dort dans les mêmes chambres quand les organisateurs veulent faire des économies. Mais au bout du compte, quel résultat !

Philippe Bernhard est le premier violon du Quatuor Modigliani. C’est un jeune homme sympathique, qui pense toujours à ses camarades et qui s’efforce de ne jamais parler en son nom seul. Il faut s’effacer derrière le groupe, soit, mais il faut aussi être un musicien de premier rang et proposer des idées originales, personnelles, neuves, tout en ayant suffisamment de sens de persuasion pour convaincre ses camarades. Pas de chef, pas de coach, tout se discute, tout se négocie. La musique est à ce prix.

Voici son programme :

Beethoven, Concerto no 5 « l’empereur », 1er mouvement, par Alfred Brendel sous la direction de Simon Rattle.

 Madeleines:

Beethoven, Quatuor à cordes opus 132 (no 15), 3ème mouvement, par le Quatuor Artemis ( éditeur Ars Musici)

Johnny Cash, « Jackson » de l’album « Carryin’on »

 Schubert, impromptu pour piano op.90 no 3, version live que j’aménerai avec moi par Jean Frédéric Neuburger.

Autres:

Haydn, Quatuor à cordes opus 76 no 1, 3ème mouvement, par le Quatuor Amadeus, version de 1971.

Brahms, Symphonie no 4 opus 98, 1er mouvement, par Herbert von Karjan et le philarmonique de Berlin.

Mozart , Quatuor à cordes KV159 en si bémol, 3ème mouvement, par le quatuor Hagen.

Tchaikovski, concerto pour violon op.35, 1er mvt, par Frank Peter Zimmermann sous la direction de Lorin Maazel.

Mendelssohn, Quatuor à cordes op.13, 1er mouvement , par nous même.