Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Uber

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Uber

Pour une fois les mauvaises nouvelles concernant Uber viennent de Californie. Cette semaine, le Parlement de cet état où est né le champion du monde du VTC a décidé de porter un sacré coup à son modèle puisqu’il vient de décider qu’Uber n’aurait plus le droit d’employer l’équivalent américain des auto-entrepreneurs. Les gens qui conduisent des voitures Uber doivent être considérés comme des salariés pas comme des indépendants. Ca peut paraitre un peu technique et juridique mais ça change pas mal de choses.

 

En quoi est-ce une mauvaise nouvelle pour Uber ?

On ne peut pas traiter pareil des indépendants et des salariés. Les salariés ils ont un contrat de travail avec beaucoup plus de droits que des indépendants. Il faut souvent payer plus de charges sociales, il faut contribuer à une assurance maladie. Il faut négocier des salaires qui sont souvent au-dessus du salaire minimum avec des groupes de salariés qui peuvent se syndiquer. S’organiser. Ca rétablit une forme d’équilibre dans une forme de relation qui était totalement asymétrique et qui bénéficiait à Uber. Ca risque de coûter plus cher à Uber et de rendre l’entreprise moins flexible. Aujourd’hui, Uber n’a pas tellement besoin de s’occuper des 4 millions de chauffeurs qui travaillent pour lui. Demain, il faudra peut-être faire des plannings, gérer des congés payés… Uber va finir par ressembler à une entreprise normale.

 

Est-ce la fin du monde pour autant pour Uber ?

Non pas forcément. Ca va être plus dur mais pas impossible. Déjà la loi qui risque de s’appliquer en Californie si elle est votée en l’état par le gouverneur ne va pas forcément s’appliquer partout aux Etats-Unis, ni même dans le monde. Ensuite, si le cadre social évolue, cela concernera Uber mais aussi tous ses concurrents. Ca ne va pas créer une forme de désavantage compétitif. Enfin, Uber sait bien que ce tour de vis social était sans doute inéluctable. Ils permettent à plein de gens d’entrer sur le marché du travail mais ils développent quand même une forme de travail très précaire et ils poussent un monde moins solidaire. Si on leur impose plus d’obligations, ça ne sera pas une bonne nouvelle mais déjà ils pourront augmenter leurs prix et c’est au final le consommateur qui paiera. Et puis ça va créer une forme de barrière à l’entrée. Ca va freiner encore plus de nouveaux acteurs et favoriser ceux qui comme Uber ont déjà une sacrée longueur d’avance.

 

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