Les Images pour piano de Claude Debussy

Dans la partition de cette œuvre mature et majeure, « Claude de France » sait varier le contraste et les climats. Les interprètes, eux, y parviennent-ils ?

On a coutume de repérer chez Debus­sy six étapes successives dans sa production pianistique, des pages de jeunesse, de 1880 à 1890 (Danse bohémienne, Arabesques, Rêverie…), aux Études, de 1915. Entre ces œuvres, s’étend une période de " transition ", de 1890 à 1901, avec la Suite bergamasque, la Tarentelle styrienne, les Images inédites (composées vers 1894, elles ne sont imprimées sous ce titre qu’en 1977) et Pour le piano. Puis apparaissent les partitions de la première maturité, entre 1903 et 1907, à laquelle sont associées des recherches de couleur et de richesse sonore : les trois Estampes, D’un cahier d’esquisses, Masques, L’Isle joyeuse et les deux recueils des Images. Hommage à Haydn, La plus que lente et Children’s Corner sont un intermède en 1908-1909, avant l’apogée des deux cahiers des Préludes, quintessence de l’art debussyste, dont la composition s’étend de 1909 à 1912. Notre choix, pour cette discographie s’est porté sur les Images, où le compositeur varie avec le plus d’attraits le contraste et les climats.

Historiques

Le jour où nous écoutions en aveugle les Images, nous recevions à la rédaction un disque intitulé " Claude Debussy, Images pour piano ", premier CD réalisé à l’initiative du Centre de documentation Claude Debussy, avec la collaboration de la BNF et d’Ysaÿe Records ! Étrange coïncidence qui ajoutait aux enregistrements 78-tours et microsillon publiés dans la première moitié du xxe siècle, et dont nous avions pris connaissance grâce à des rééditions opportunes, d’autres interprètes demeurés jusque-là dans l’oubli. C’est le cas du légendaire Ignacy Jan Paderewski, qui enregistra dès 1912 Reflets dans l’eau. La compositrice Betsy Jolas remarque, dans le livret du CD mentionné ci-dessus, à propos d’un enregistrement du pianiste réalisé en 1926 " qu’il concentre tout sur la main droite dont il faut admirer la virtuosité. Il joue un Debussy proche de Rachmaninov ou de Liszt ". Quant à Marius-François Gaillard – qui jouait dans les années 1920 l’intégrale des pièces connues du musicien -, et ici enregistré en 1928, toujours dans Reflets, la musicienne note : " En dépit de quelques accelerandos et ritardandos intempestifs, [il] paraît beaucoup plus exact dans la lecture et dose bien la pédale. " Jean Doyen, qui eut pour professeur Marguerite Long, et qui réalisa le premier enregistrement mondial de Gaspard de la nuit de Ravel en 1928, est également très apprécié par Betsy Jolas dans Reflets, en 1943 : " Une véritable découverte. " Et Arthur Rubinstein qui joue la même pièce, en 1948 " offre, selon elle, de très beaux moments mais combien dommage encore le non-respect des nuances et l’abus d’accords arpégés ". Enfin, la compositrice observe à propos de Poissons d’or par son dédicataire Ricardo Viñes, en 1930, qu’il est " fougueux, débordant parfois au-delà du texte, multipliant les nuances intempestives et usant avec excès d’une pédale "brouilleuse". Le résultat d’ensemble correspond bien, je pense, à ce qu’on attend d’un pianiste de cette époque. Debussy, paraît-il, l’a d’abord beaucoup apprécié avant de se lasser de ses fantaisies interprétatives ". Pour clore ce chapitre sur cette réjouissante et première édition discographique du Centre de documentation Claude Debussy [www.debussy.fr] – d’autres sont d’ores et déjà prévues, toujours avec les conseils avisés de Philippe Morin -, signalons qu’il vient également d’éditer deux magnifiques fac-similés des Images, reproduisant à l’identique le format et les couleurs des manuscrits originaux de Debussy, déposés à la BNF – qui possède un important fonds Debussy. Avis aux amateurs !

Premières intégrales des deux séries d’Images

Parmi les trente-six versions intégrales que nous avons pu rassembler pour préparer notre écoute, six peuvent être qualifiées d’historiques, soit qu’elles datent de la première moitié du xxe siècle, soit qu’elles se rattachent à des interprètes enregistrés sur le tard, mais dont la carrière avait déjà débuté dans les années 1930. La prise la plus " ancienne " reportée en CD est celle de Claudio Arrau (United Archives, 1949), qui, outre les Images, grave Pour le piano et Estampes pour la Columbia. Au-delà de la qualité de l’interprète, qu’on retrouvera dans notre sélection finale, mais trente ans plus tard, pour Philips, le report ne peut éviter un certain halo préjudiciable dans les forte. Un problème moins préoccupant avec Robert Casadesus (Sony Classical, 1954), dont on rappellera qu’il avait entendu Debussy accompagner la chanteuse Ninon Vallin, à la Salle Gaveau. Casadesus fut l’un des premiers à jouer la musique du compositeur – notamment les Préludes -, à une époque, les années 1920, où l’on ne le jouait guère encore à Paris. Entre 1950 et 1954, le pianiste a enregistré pour Columbia Masques, L’Isle joyeuse, les Images I et II, Deux Arabesques, les Estampes, Children’s Corner et les deux Livres de Préludes. Si la prise de son est ancienne, on y apprécie néanmoins la clarté de son jeu, et des tempos assez enlevés qui ne s’embarrassent guère de notions " impressionnistes ". Grand défenseur de la musique contemporaine, Walter Gieseking – qui fit ses débuts à Berlin en 1920 avec un récital Debussy-Ravel -, enregistrait déjà à la même époque pour Welte-Mignon des rouleaux perforés contenant des œuvres du compositeur. Il grave à plusieurs reprises des extraits des Images : en 1923, puis dans les années 1930. On lui doit la première mondiale au disque des deux séries des Images, en 1948. Six ans plus tard, il les réenregistre pour EMI, au sein d’une intégrale Debussy, incluant la Fantaisie pour piano et orchestre de jeunesse (EMI, 1954). Si son interprétation est clairement impressionniste, en revanche elle n’oublie pas de mettre en avant la clarté des lignes et la précision de l’écriture. Une version à connaî­tre et à apprécier – longtemps considérée comme la référence -, même si, depuis, on préfère un jeu plus intense, axé sur un large spectre de nuances. Élève à la fois de Marguerite Long, d’Alfred Cortot et de Ricardo Viñes, Marcelle Meyer (1897-1958) suivit également les conseils de Debussy. Elle est de cette génération qui se produisit beaucoup en concert, dans un répertoire extrêmement large (de Satie à Dallapiccola, en passant par Stravinsky, Mozart, Bach, Beethoven, Couperin, Scarlatti…), mais enregistra peu. EMI a publié à partir des années 1980 des enregistrements réalisés entre 1956 et 1957 où figurent des Images isolées, mais sa seule intégrale du cycle complet fut éditée par Tahra et provient d’une prise en studio, pour la RAI, en 1957. Le son est étroit, et on trouve des phénomènes de saturation et d’écho plutôt désagréables, mais quel document passionnant ! Lui aussi enregistré en Italie (par la RAI de Turin, en 1963), Arturo Benedetti ­Michelangeli, dont il existe aujourd’hui une quantité plus importante d’enregistrements dits " pirates " (souvent de qualité exécrable) que ceux réalisés officiellement, est desservi par une prise de son médiocre. Trop " nettoyée ", la bande offre un piano à la sonorité mate, d’où s’échappent des résonances et des saturations intempestives (Apex-Warner). Un CD indigne pour un tel artiste, dont nous réservons son enregistrement ultérieur de 1971 (DG) pour notre écoute finale. Élève d’Alfred Cortot, enregistrée tardivement, donc non dépourvue de quelques problèmes techniques, Yvonne Lefébure (1898-1986) allie néanmoins souplesse et pénétration dans cette œuvre. Favorisée dans le médium au détriment du grave, la pianiste parvient, au-delà de la prise de son, à insuffler aux Images une vie, un chant unique (Solstice, 1982-1983).

Intégrale Debussy en vinyle !

Avec la démesure de l’époque, les années 1970 célèbrent la gloire du vinyle, favorisant et popularisant d’autant plus l’idée d’intégrale dans le domaine de la musique classique. Aussi, les éditeurs vont-ils confier à plusieurs interprètes de renom l’œuvre de Debussy. On apprécie dans leur globalité les enregistrements de Noël Lee (né en 1924), compositeur et pianiste d’origine américaine (Valois, 1971), Monique Haas (1907-1987), élève de Lazare-Lévy et Robert Casadesus (Erato-Warner, 1972), Claude Helffer (1922-2004), lui aussi élève de Robert Casadesus (Harmonia Mundi, 1972), Theodore Paraskivesco, élève d’Yvonne Lefébure (Calliope, 1976) et Michel Beroff (EMI, 1970-1980) – sans que l’un ou l’autre se distingue particulière­ment dans l’œuvre qui nous inté­resse ici. Mais c’est en fait Samson François (EMI, 1970) que nous retiendrons pour l’audition en aveugle. Son intégrale Debus­sy, inachevée du fait de sa mort, est souvent discutée, mais séduit bien plus que les précédentes, par son imagination musicale.

Distant, neutre, romantique ou impressionniste ?

Difficile de départager les nombreux interprètes qui se lancent dans des versions isolées ou qui continuent sur la lancée d’intégrales, à partir des années 1980 – l’œuvre de Debussy devenant un parcours obligé dans la carrière d’un pianiste. Il faut pourtant faire un choix parmi des approches de très haute tenue, même séduisante, mais auxquelles il manque un petit quelque chose, un engagement plus prononcé, où parfois quelques raideurs révèlent une approche trop analytique, pas assez spontanée. C’est le cas avec Jacques Rouvier (Denon, 1986), Alice Ader (Erato-Warner, 1989), Aldo Ciccolini (EMI, 1991), Jean-Claude Pennetier (Lyrinx, 1994), Noriko Ogawa (Bis, 2000) et Hakon Austbo (Simax Classics, 2003). Trop neutres, les versions d’Eugen Indjic (Calliope, 2002) et de Cédric Tiberghien, qui souffre en outre d’un manque de maturité dans un tel répertoire (Harmonia Mundi, 2000). Le piano de Philippe Cassard est superbe, mais hors compétition : son Debussy est exagérément " chopinisé " (Accord, 1990). Le parti pris " impressionniste " a ses adeptes, dès lors qu’on privilégie le brouillard harmonique, la légèreté du toucher et la miniature, avec Jean-Philippe Collard (EMI, 1977), Zoltán Kocsis (Philips, 1988) et Jean-Pierre Armengaud (Arts, 2000), néanmoins sans réelle profondeur. La version récente et délicate de Simon Trpceski (EMI, 2007) ne convainc guère, hésitant entre romantisme et impressionniste. Malgré des qualités objectives, François-Joël Thiollier (Naxos-Abeille, 1996) et Pascal Rogé (Onyx-Abeille, 2007) semblent peu concernés par ces Images. Mais nous avons sélectionné, pour l’écoute en aveugle les enregistrements de Jean-Yves Thibaudet (Decca, 1995) et François Chaplin (Pierre Vérany, 2001 et 2004), l’un plutôt " impressionniste ", l’autre plus net dans la définition de son piano, mais tous deux salués dans ces colonnes à leur parution. Très contrastés eux aussi, les disques d’Alain Planès (Harmonia Mundi, 2005), sur " instrument d’épo­que " et Pierre-Laurent Aimard (Warner, 2002), ancien pianiste de l’Ensemble Intercontemporain, reflètent deux cultures de l’instrument tout à fait singulières que nous avons voulu confronter. Parmi les versions les plus récentes, celles de Jean-Efflam Bavouzet (Chandos, 2008) et Vanessa Wagner (Ambroisie, 2005) nous ont paru les plus inventives. Enfin, un quasi-inconnu en France, Gordon Fergus-Thompson (ASV/Brilliant, 1989) nous a paru assez intéressant pour pouvoir jouer le rôle du trouble-fête dans notre audition en aveugle.

Audition en aveugle

Parmi les trente-six versions disponibles, dix ont donc retenu notre attention, sachant qu’on a privilégié des enregistrements récents, appréciés unanimement par la critique et placés entre des interprétations dites " de référence ". Deux interprètes n’ont pas passé le cap de Reflets dans l’eau, première pièce des Images. En effet, pour Jean-Yves Thibaudet (Decca, 1995), PD trouve les Reflets " un peu glauques, mais peut-être est-ce dû à la prise de son ? ", tandis que FM remarque " des effets trop appuyés ". Pour ET, " il donne le sentiment d’improviser, chaque note, chaque main étant l’égale de l’autre ", et selon XL, " il manque d’unité ". " Trop poétique ! ", conclut ET. Jean-Yves Thibaudet avait pourtant obtenu un " 9 " de Répertoire… Idem pour François Chaplin (Pierre Verany, 2001 et 2004) aussi, qui avait obtenu un " 9 " dans ces mêmes colonnes ! Son écoute en aveugle révèle " qu’il se bat avec la partition, avec trop de pédale dans les forte " (FM). PD le trouve " déconstruit ", ET renchérit et confie avoir " souvent perdu le fil, entre mollesse et nervosité. " " C’est démonstratif, factice ", souligne XL.

Hors-jeu mais à connaître

L’un des interprètes " absolus " de Debussy est sans conteste Samson François (EMI, 1970), dont on a l’habitude de louer l’imagination, le sens du climat… Paradoxalement, XL trouve qu’il " manque de fluidité, et qu’il est trop extérieur " dans Reflets et qu’on cherche du " mystère " dans Cloches. FM " apprécie l’élégance du geste " et souligne un trait " un peu jazzistique " aux deux tiers de Reflets, tout en notant " une sonorité peu claire " pour Mouvement et des Cloches " d’une teinte fauve raffinée ". PD a lui aussi tressauté dans Reflets, s’exclamant : " C’est du Gershwin ! " tandis que ET qualifie d’" à la fois creusé et liquide ", pour finalement trouver l’interprète " prosaïque, sans richesse de plans sonores ". Près de trente-cinq ans après Samson François, avec Alain Planès (Harmonia Mundi, 2005) enregistré sur " instrument d’époque " – un Blüthner de 1902 conservé à la Villa Médicis (Rome) -, les Images " surgissent enfin " (PD). " Le pianiste crée un climat avec naturel " (FM), ce que réfute sans ambages ET : " Assez statique, ça ne décolle pas ", tout en " appréciant surtout les couleurs du piano "ancien", qui modifie complètement la palette ", notamment dans Mouvement, " où on ne peut obtenir le fondu d’un Steinway " (FM). " On s’ennuie " dans Cloches (ET), qui sont " très réverbérées, sans ampleur, mais non sans charme " (XL). Pierre-Laurent Aimard (Warner, 2002) séduit XL par " sa fluidité, sa fermeté rythmique, sa sensualité, mais Mouvement manque de relief ". Le jeu " très digital " agace ET, qui le trouve en outre " gentil et décoratif " dans Cloches, même s’il admire sa " grande liberté ". Une interprétation " lourde et forte " pour PD qui regrette " la précision d’un peintre " dans Cloches. FM reste pour sa part de marbre devant " une telle maîtrise qui frise l’ennui (Mouvement). Ces Cloches ne sont quand même pas Les Tableaux d’une exposition " !

Impressionnants

L’unique version officielle d’Arturo Benedetti Michelangeli (DG, 1971) – autre référence – déchaîne les passions : " un virtuose froid, démonstratif " pour XL qui l’apprécie néanmoins pour son jeu " si personnel ". FM le trouve " précipité et trop extérieur " dans Reflets et même éreintant dans Mouvement ", pour finalement " succomber à la magie " de Cloches. " La version la plus prosaïque qu’on ait entendue de Reflets " pour ET, néanmoins bluffé " par les coups d’éclat " dans Mouvement. Une version qui s’avère " très pensée " pour nos auditeurs, ce que nuance PD, " captivé par la transparence, le non-dit de Reflets, l’invention et l’imagination – trop peut-être ? " déployées dans Mouvements et Cloches. Le dernier volet de l’intégrale de Jean-Efflam Bavouzet (Chandos, 2008) impressionne, lui aussi, mais peut-être pas pour les mêmes raisons. " Des Reflets pigmentés " remportent aussitôt les suffrages de PD, qui y perçoit " un orchestre, avec des couleurs parfois trop appuyées ". ET souligne " la recherche de timbres, de contrastes, cette faculté à faire s’évaporer le son. Une volonté de ne pas être linéaire qui convient bien à Cloches ". " Les Reflets sont froids, mais en revanche ça swingue – et pourquoi pas ! – dans Mouvement ! " (FM). XL trouve le mot juste pour caractériser le jeu du pianiste : " Inventif ! "

Ex æquo dans la (quasi) perfection

Si Benedetti Michelangeli et Bavouzet se retrouvent ensemble à la quatrième position dans notre classement, la deuxième place sera, elle aussi, occupée à égalité par une légende du piano et un(e) jeune interprète ! Dans son second enregistrement officiel, Claudio Arrau (Philips, 1979) est " un monstre solitaire, sombre et profond (Reflets) " pour FM, conquis par cette " impression de pénétrer dans l’inconnu (Cloches) ". XL et ET sont admiratifs " de l’élégance et de la lenteur incroyable " de Reflets. " Quelle maîtrise instrumentale " surenchérit ET, " quelle émotion ! ". " Tout un monde lointain " (Reflets) pour PD, " juste, poétique, mais sans fulgurance " (Mouvements). Nos quatre auditeurs succombent à Vanessa Wagner (Ambroisie, 2005) qui " s’approprie littéralement cette musique " selon ET : " Un jeu hors norme ; quelle légèreté, quelle tendresse et quelle sensualité ! (Mouvements) ; tout s’équilibre et se répond (Cloches). " " C’est la version qui fait des vagues ! " ajoute PD, à propos de Reflets, qui remarque que " le rythme et la cadence de Cloches ne sacrifient en rien l’imagination " – " On y entend même idéalement le balancier " pour XL, qui apprécie ce " Debussy viril et puissant ". FM, qui " se ­réjouit de cette interprétation fringante ", en appelle à la " conscience sonore ".

Un outsider favori

Est-ce vraiment un outsider ? Repris d’un album ASV paru au Royaume-Uni en 1989, un enregistrement qui figure dans le coffret Brilliant regroupant les musiques pour piano de Debussy à Ravel remporte les suffrages. Il s’agit de Gordon Fergus-Thompson, artiste bien connu outre-Manche – apprécié autant dans les répertoires germanique et russe que français -, qui fit des débuts fracassants au Wigmore Hall, en 1976, et que l’on n’a, sauf erreur, jamais entendu en France. XL loue " son absence d’effets superflus, un jeu jamais heurté et sa palette polychrome, vaporeuse ". PD remarque " l’évanouissement du son dans l’espace " (Reflets), le " tableau de maître, magnifiquement rêveur de Mouvement ", et apprécie dans Cloches que le pianiste " laisse à l’auditeur cette liberté subjective d’imagination ". FM trouve que la lenteur de Reflets se justifie par la dynamique subtile que le pianiste parvient à créer, comme un " ruissellement ". " Il respire, tout en créant une attente ", ajoute ET. FM surprend : " Cloches manque de tension… " " Au contraire, rétorque ET, c’est le roi de la demi-teinte, de la mélancolie mouillée. " Tous conviennent que cette interprétation de Gordon Fergus-Thompson s’avère idéalement mystérieuse.

LE BILAN

Prioritaire

1. Gordon Fergus-Thompson (1989)
Brilliant 7 CD BRIL6126

Passionnants

2. Vanessa Wagner (2005)
Ambroisie AMB9991
3. Claudio Arrau (1979)
Philips 3 CD 4739152

Excellents

4. Jean-Efflam Bavouzet (2008)
Chandos CHAN10497
5. Arturo Benedetti Michelangeli (1971)
DG 4775345

A connaître

6. Pierre-Laurent Aimard (2002)
Warner 8573839402
7. Alain Planès (2005)
Harmonia Mundi 901893
8. Samson François (1970)
EMI 6 CD 5859902