Les identités croisées de Radu Mihaïleanu

 Radu Mihaïleanu et Olivier Bellamy sur Radio Classique

Rien ne m’émeut davantage qu’une personne née à l’étranger évoquer en bon français son amour de la France. Et si vous ajoutez à cela Revoir Paris de Charles Trénet, je fonds en larmes.

Certains beaux esprits trouvent le cinéma de Radu Mihaïleanu trop sentimental. J’y vois au contraire toute la complexité de l’âme humaine. Il ne dénonce rien, il témoigne avec son coeur, sa culture et son intelligence. Son film Le concert réussit à transmettre à un très large public ce qu’il y a de plus profond et d’existentiel dans l’acte musical.

Certains critiques me font penser à une bande dessinée de Claude Brétecher. On y voit un type rire et pleurer lors d’une projection. En sortant du cinéma, il prend l’air sévère et condescendant, comme s’il avait soudain honte de ses émotions.

« Important de vivre », disait Rostropovitch. Il voulait dire par là que l’art a besoin de chair et d’imperfection pour toucher les coeurs. Cette « rayure » dont parle Mihaïleanu à propos de la voix de Callas ou de celle de Jacques Brel. Certains critiques en prennent parfois conscience un beau jour. Comme ce chroniqueur d’art joué par Robin Renucci dans Escalier C qui pleure soudain devant un tableau de Renoir, peintre qu’il avait toujours détesté. La vie était passée par là.

Voici son programme :

Musique que j’aime pardessus tout – je suis obligé de dire : Concerto pour

Violon et Orchestre de Tchaïkovski (avec

Oistrakh).

Pour les « madeleines »:

– Bob Dylan – Blowing in the wind

– Brel – Ne me quitte pas

– Simon & Garfunkel – El condor pasa (if I could)

7 morceaux classiques (dur, dur d’éliminer certains):

– Mahler – Symphonie n°2 (2ème mouv) –  Bruno

Walter

– Rachmaninov – Concerto no 2 – 1er mvt – Lang Lang & Gergiev

– Mozart – Concerto no 21 – Andante (2nd mouv) – Lipatti/Karajan

– Arvo Part – Cantus in memory of Benjamin Britten

– Verdi – Traviata – Acte 1 – Callas « Ah fors ‘e lui che l’anima

– Barber – Adagio (Bernstein)