Les arbres à l’honneur à la Fondation Cartier

Artistes, botanistes, et philosophes sont réunis à la Fondation Cartier pour mettre en lumière une vision nouvelle des arbres et nous révéler les dernières recherches scientifiques sur ces végétaux. « Il n’y a rien de purement humain, il y a du végétal dans tout ce qui est humain, il y a de l’arbre à l’origine de toute expérience ». L’exposition Nous les arbres donne vie à cette expression du philosophe italien Emanuele Coccia.

L’arbre, le plus vieil être vivant

Après avoir été longtemps sous-évalués par la biologie (comme l’ensemble du règne végétal), les arbres ont fait l’objet ces dernières décennies de découvertes scientifiques qui ont permis de jeter un nouveau regard sur ces êtres comptant parmi eux les plus grands et les plus anciens membres de la communauté des vivants. Capacités sensorielles, aptitudes à la communication, symbiose avec d’autres espèces et influence climatique : autant de facultés insoupçonnées dont la mise au jour vient confirmer ce que les savoirs traditionnels avaient depuis longtemps intégré, levant le voile sur un monde fascinant – celui de l’hypothèse d’une « intelligence végétale » – qui pourrait porter en lui la solution à bien des défis technologiques et environnementaux actuels.

 

Ouvrir le dialogue entre l’humain et le végétal

Dès lors, il s’agit d’ouvrir un dialogue rare, mené par le scientifique, l’intellectuel et l’artiste dans le but de nous reconnecter avec la grandeur de la nature et d’accélérer notre prise de conscience de notre lien vital avec les arbres et le monde végétal. Émerveillement et interpellation sont au cœur de cette exposition. La nature nous parle, nous protège, participe au maintien de l’humanité, et pourtant nous le lui rendons si mal… En questionnant les relations entre l’homme et le végétal, la Fondation Cartier participe à l’alerte générale de relever les défis environnementaux.

 

Un lien puissant et intime des artistes avec les arbres

Photographies, films, installations, dessins et peintures des quatre coins du monde sont réunis à la Fondation Cartier. De l’Europe aux Etats-Unis, en passant par l’Iran et les communautés indigènes au Paraguay, l’exposition propose trois fils narratifs pour envisager le sujet à travers plusieurs perspectives ; la connaissance des arbres, leur esthétique, et leur dévastation.

Parmi les moments forts : les grandes toiles de Luiz Zerbini dépeignant la rencontre entre la flore amazonienne et la modernité urbaine ; le film documentaire, Mon arbre, de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, ou encore les dessins scientifiques et pourtant si poétiques du botaniste voyageur Francis Hallé.

Grande salle du rez-de-chaussée, oeuvres de Luiz Zerbini, Adriana Varejao, artistes Yanomami, artistes du Chaco, Fernando Allen et Fredi Casco

L’hypothèse fascinante d’une « intelligence végétale » est avancée par Stefano Mancuso, pionnier de la nouvelle biologie végétale. Avec la rigueur du scientifique, il développe ses recherches sur l’aptitude des plantes à communiquer, à mémoriser, à réagir à la pollution…
Comme un clin d’œil, nous terminons la visite dans le jardin du musée, où nous retrouvons l’âme d’Agnès Varda qui nous a quittés le 29 mars dernier. Une sculpture réalisée pour l’exposition avant sa mort incarne la synthèse poétique de tous les arbres « avec lesquels on a rendez-vous en passant ».

 

Exposition jusqu’au 10 novembre à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Joséphine de Gouville

 

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