L’enfance de l’art

1. Radio Classique étant partenaire de la Fondation pour l’enfance, Sébastien Lancrenon m’a proposé de manière très persuasive d’inviter sa présidente Anne-Aymone Giscard d’Estaing. On remarquera la très légère ressemblance de sa voix avec celle de Marge Simpson (du fameux dessin animé). Eraillement causé sans doute par la difficulté à se mettre en avant. Comment a-t-elle pu supporter les charges de première dame en étant aussi réservée (et très gentille), voilà qui reste comme l’un des mystères de la République. Elle est assez touchante, je trouve, parce que cet exercice de parler au micro visiblement lui coûte ou en tout cas ne lui est pas naturel, mais elle le fait de bonne grâce pour faire avancer sa cause. Pour coller au sujet, le programme a été bâti en fonction des invités prestigieux qui sont venus chanter ou jouer amicalement lors de la traditionnelle soirée de gala au château de Versailles pour récolter les fonds nécessaires à cette bonne action. Vous souvenez-vous de l’émission avec son mari ? Fameuse ! On m’en a beaucoup parlé de celle-là. Dame, ce n’est pas tous les jours qu’un président de la République parle de ses goûts musicaux et si bien.

2. Ce blog est vraiment très bien fréquenté. Je vois que Christophe (oui, le chanteur !) a pris la défense d’Alain Souchon. Acceptez sans façons le disque qu’il vous propose gentiment, chère Françoise, c’est un vrai bijou !

3. Je suis allé à Milan pour assister à la première du Don Carlo de Verdi. Magnifique soirée ! Très critiquée dans Le Monde, la mise en scène de Stéphane Braunschweig ne m’a pas gêné. Tant qu’elle ne vous empêche pas de suivre l’histoire et d’y croire. Daniela Gatti a été sifflé. Il faut dire qu’à la Scala, j’ai découvert ça en y étant, les spectateurs s’invectivent entre eux. Ainsi, au début du spectacle, un spectateur a crié « Bravo Maestro » juste avant le début de l’oeuvre. Voilà qui a dû agacer le club des fans de Muti et celui d’Abbado. L’embêtant, c’est que le monde entier pense que Gatti a été mauvais. Ce qui est loin d’être le cas, même si ce chef n’est pas ma tasse de thé. Ce qui est génial à la Scala, c’est que tout ce qui s’y passe est commenté avec passion. Le jour où le changement d’un ténor à la dernière minute ne déclenchera pas l’ire des journalistes et la fureur d’une partie du public, c’est qu’un pan de la civilisation italienne sera tombé et que notre planète sera devenue un peu plus ennuyeuse.

Vivaldi : Nisi Dominus (Cun dederit) Philippe Jaroussky

Madeleines :

Piaf : Vie en rose

Schumann : Blumenstück (Richter)

Schubert : An den Mond (Goerne)

Programme

Carmen de Bizet par Teresa Berganza

Barbara Hendricks : Chanson de Solveig (Grieg)

Jean-Yves Thibaudet : Vissi d’arte (Tosca) au piano

José Carreras : Paillasse

Casta Diva (Norma) par Grace Bumbry

Felicity Lott : La grande duchesse (Offenbach)

Elton John : Your Song