L’émotion de Michèle Cotta

D’abord un grand merci à l’auditeur qui a retrouvé l’auteur de la citation : « Le bonheur n’est pas gai ». C’est Maupassant dans La maison Tellier. Et c’est la dernière réplique du chef-d’oeuvre de Max Ophüls Le plaisir avec Jean Gabin et Danièle Darrieux (en mère maquerelle), film dont le troisième volet est tiré du livre.

Michèle Cotta n’a pu retenir ses larmes après la chanson de Barbara, Nantes. Son programme n’était pas gai. Pourtant, c’est une femme pleine de vie, qui va de l’avant et qui incarne le bonheur selon l’une de ses amies les plus proches. Cette grande journaliste a perdu un fils, qui avait 23 ans et qui souffrait de myopathie. Il se trouve que Yann, l’un des deux réalisateurs de l’émission, était pion dans le lycée où étudiait ce jeune homme. Il était chargé de s’en occuper tout particulièrement et il m’a raconté (le lendemain) que lors d’une alerte à l’incendie, c’est lui qui l’a porté dans ses bras.

La musique a le pouvoir tout particulier de réveiller les douleurs les plus profondes.

A la fin de l’émission, Michèle Cotta était heureuse d’avoir pu partager cette émotion, tout en pudeur, avec les auditeurs de Radio Classique. Heureuse et surprise de s’être ainsi abandonnée.

Voici son programme :

 la 9ème de Mahler dirigée par Seiji Ozawa

 Les « madeleines

« : L’air de Mimi dans la Bohème(« Mi chiamano Mimi »),

 La 5ème de Beethoven (1er mvt)

Gilbert Bécaud (« Mes mains »).

Lucia de Lammermoor : air du ténor à la fin de l’opéra

Barbara: « il pleut sur Nantes »;

« la voix humaine » (Cocteau-Poulenc)

« Le pont Mirabeau » (Apollinaire / Ferré)

le final de la pathétique de Tchaikovsky(Mravinsky)

les chœurs de « la force du destin » (Levine)

le « War requiem » de Britten, même si c’est banal;