Le grand coeur de Clémentine Célarié

1. On connaît l’actrice pleine d’énergie et de générosité, mais l’on connaît moins la femme sensible et vulnérable. Le rôle de La Serva amorosa de Goldoni permet à Clémentine Célarié de nous montrer toute la palette de ses talents (théâtre Hébertot) à travers un personnage prêt à tout pour vaincre le mal et faire éclater la vérité.

Dans Passion Classique, elle s’est montrée à nu. Lorsque la voix de Chet Baker s’est élevée dans le studio, elle n’a pu retenir ses larmes. Son programme a été celui des vibrations de l’âme : Chopin, « que l’on devrait faire écouter dans les écoles » a-t-elle dit. Bonne idée ! Que les enseignants qui sont à l’écoute la prennent au mot. Pourquoi ne pas consacrer quatre minutes par jour à écouter un grand chef-d’oeuvre de la musique en classe ? La Discothèque de Radio Classique (qui remporte un grand succès dans les bacs de la Fnac) représente ce que l’on appelait autrefois « la culture de l’honnête homme ». A côté des poésies de Victor Hugo et de Baudelaire, les harmonies accessibles à tous de Chopin et Debussy ont leur place.

Clémentine Célarié est aussi la descendante (par sa mère) de Jacques Halévy, le compositeur de La Juive (souvenez-vous de ce fameux air Rachel quand du seigneur qui plaisait tant à Marcel Proust) et de Ludovic Halévy, le librettiste de la Carmen de Georges Bizet et des grandes opérettes de Jacques Offenbach.

Ce fut une très belle émission, riche en émotions et d’une grande liberté.

2. Certains auditeurs me suggèrent parfois d’inviter des anonymes et pas uniquement des « people ». D’abord, pour moi, les invités ne sont pas des « people ». Ce sont des écrivains, des acteurs, des musiciens, des artistes, des personnalités exceptionnelles et ce sont avant tout des êtres humains et c’est cela qui m’intéresse plus que tout. Il m’est arrivé d’inviter des médecins, des navigateurs, des avocats des gens moins connus du grand public, mais le but principal est de montrer une nouvelle face de personnes que l’on ne connaît souvent qu’à travers le prisme réducteur de la promotion médiatique. Rien ne me fait davantage plaisir que lorsqu’un auditeur me dit : « Je n’aimais pas trop Untel, mais depuis que je l’ai entendu chez vous, j’ai découvert en lui quelque chose qui me plaît. » Car la musique révèle souvent le meilleur qui est en nous. Certains (mais c’est plus rare) se montrent peu sympathiques parce que la musique les met en danger ou n’agit pas dans le sens qu’on aurait espéré. C’est le jeu. Faire venir Monsieur ou Madame Tout le Monde (rien de péjoratif dans cette expression), ce serait sûrement passionnant, mais c’est une autre émission. Des personnes de grande qualité connaissent très bien la musique, mais n’ont pas forcément le sens du public, le talent de partager ses émotions au plus grand nombre. Qu’en pensent les fidèles de ce blog ?

Voici le programme de Clémentine Célarié :

Bizet : Carmen par Angela Gheorghiu

Trois madeleines musicales:

Chet Baker : My funny Valentine

 El camaron de la isla  » Como el agua »,

MIchael Jackson :  » working day and night »..

Prélude n° 4 de Chopin (Martha Argerich)

Chopin : Etude op. 10 n° 12 (Samson François)

Clair de Lune de Debussy

Debussy : Arabesque n° 1

Offenbach : La Périchole « Oh mon cher amant » (Crespin)