Le boeuf (mironton) sur le toit de Millau

 

1. Eh bien me voilà habillé pour l’hiver (ça tombe bien, on se les gèle) par un jeune poète exalté qui passe le plus clair de son temps à écouter la Belle Hélène, riche idée ! (ils ne défilent donc pas tous dans la rue ?)

Bien qu’assommé par un méchant rhume, je m’attelle au clavier de l’ordinateur, car on pourrait croire que je boude dans mon coin. Notre Camille a le droit de railler mes modestes qualités littéraires, mais je je tiens à préciser que je ne me considère nullement comme écrivain. Un écrivain, c’est quelqu’un qui écrit chaque matin et qui corrige studieusement sa prose le reste de sa pieuse journée. Ce n’est pas mon cas. Je ne suis qu’un journaliste (donc illisible, selon Oscar Wilde) qui rend sa copie à toute vitesse pour alimenter la fraternité qui nous unit. J’ai tout de même trouvé le courage (dieu sait où) d’écrire un portrait de Martha Argerich, qui marche bien (10 000 exemplaires vendus) pour la plus grande fierté de ma chère maman. J’étais d’ailleurs invité ce matin à la très respectable, très calviniste et très ancienne Société de lecture de Genève (lever à 6 h du matin, TGV en retard, froid de gueux, malgré un beau soleil à l’arrivée) pour parler de Martha. L’assistance était attentive et bienveillante, l’accueil charmant. J’étais interrogé par Charles Sigel de la Radio Suisse romande, qui retransmettra notre entretien sur ses ondes en décembre. Le livre vient d’être traduit en polonais (à l’occasion du Concours Chopin de Varsovie où notre Argentine était membre du jury (je viens de jeter un oeil à la retransmission de la soirée des lauréats sur Arte, j’avoue une nette préférence pour l’Autrichien et le Français, François Dumont). Ne lisant pas le polonais, je ne peux juger de la traduction, mais l’édition est magnifique (couverture cartonnée, photo sur la tranche, index des noms en sus, belle mise en page). Superbe !

2. Aujourd’hui est sorti en librairie aux édition Arléa un autre livre intitulé Passion Classique. Encore ! me direz-vous. Qu’est-ce que ce serait s’il se disait écrivain ! C’est un recueil des cinquante émissions marquantes que nous avons partagées ensemble : Danièle Darrieux, Bernard Pivot, Jean d’Ormesson, Elie Wiesel, Brigitte Bardot, Fanny Ardant… Avec le programme et les madeleines des invités.

3. Christian Millau nous a proposé un beau programme autour de la musique française, en insistant bizarrement (car conjointement et pesamment) sur les musiciens juifs et Hitler. On l’a senti obsédé des deux côtés. J’en garde une impression étrange. Il était très fier de présenter des oeuvres peu connues, dont il avait soigneusement préparé la présentation (à l’exception du fait que Diaghilev n’était ni danseur ni chorégraphe, mais organisateur de concerts), sans qu’on sente s’il les aimait vraiment. Avec des choix bizarres : les deux marches de Poulenc ! (pourtant, dieu sait si j’aime Poulenc). Mais c’était un invité agréable et à l’aise devant le micro.

Voici son programme :

– 3 « madeleines »

Josef Strauss : Die Libelle

(Lorin Maazel Nouvel An 1983)

Charles Trenet : Douce

France

Mendelssohn :Grotte de

Fingal

– Programme

Scriabine : Poème de

L’Extase (Pierre Boulez,Chicago Symph.)

Debussy : La Damoiselle

élue (Claudio Abbado.London Symph.)

Paul Dukas : La Péri ,2e

mouvement ( Armin Jordan )

Ravel : Kaddisch ( Annie

Darmon )

Alberic Magnard : Symphonie

n°2 .Ouverture (Miichel Plasson )

Francis Poulenc : 2 marches

et un interméde (Georges Prêtre )

Mélodies d’amour

Smetana : Moldau (Karajan)

Franck :sonate en la majeur – 4e mvt (Cortot et Thibaud )