L’argent (de Metin Arditi) fait le bonheur (des autres)

Olivier Bellamy et Metin Arditi L’avouerais-je ? Ce n’est pas l’écrivain Metin Arditi qui m’intéresse le plus. C’est le personnage et son action. Né en Turquie dans une famille aisée, il a vécu en pension en Suisse. Jusque-là, rien de très passionnant ni de très admirable. Ensuite, il s’est fait tout seul. Flair, pugnacité, travail inlassable. Comme pas mal de Suisses riches, il est devenu mécène. Plus oriental que luthérien, il ne s’en cache pas. Il a mis sa main à la poche pour le Victoria Hall à Genève, l’Orchestre de la Suisse romande…

Et surtout, il donne beaucoup de son temps pour la formation d’élite helvétique créée par Ernest Ansermet et dirigée aujourd’hui par Marek Janowski. A micro fermé, il m’a confié être souvent choqué par l’attitude des entreprises mécènes, qui donnent peu (en proportion du budget global) et demandent beaucoup ou pèsent exagérément dans les décisions artistiques. Notre bon vieux système colbertiste de l’art subventionné est regardé avec envie à l’extérieur de la France.

Enfin, Metin Arditi a créé avec l’ambassadeur de Palestine à l’Unesco (c’est son titre) une fondation pour aider les Palestiniens de Cis-Jordanie et les Israéliens pauvres à étudier la musique avec de bons professeurs et des instruments dignes de leur travail. La ville de Genève, le Conservatoire et l’Orchestre sont partie prenante. Un beau projet à la hauteur de cet homme intelligent, sensible et chaleureux.

voici son programme :

f1. Schubert : Sonate Arpeggione de Schubert (Rostropovitch/Richter)

2. Les Madeleines: Twilight Time (Les Platters), Padam padam (Piaf), Dances

de Galanta, de Kodaly, si possible dirigé par Ferenc Fricsay.

3. Les choix classiques:

Mascarade, la valse, de Khatchatourian –

1er Nocturne de Chopin, Arrau –

Concerto pour violon de Beethoven (Larghetto) Menuhin Furwängler –

Bohème de Puccini : air de Mimi, 1er acte, Freni / Karajan

10ème Danse Slave de Dvorak, version  symphonique (Kubelik)

Im Abendrot, 4ème des Letzte Lieder, si possible Schwarzkopf –

5ème concerto pour piano de Beethoven,2ème mvnt, Rubinstein –