L’amie prodigieuse revient toujours pleine de mystère

Aux Editions Gallimard

Elena Ferrante, écrivain dont on ignore encore qui se cache derrière cette signature, vient de sortir en France le troisième tome tant attendu de sa tétralogie au succès mondial « L’amie prodigieuse », intitulé « Celle qui fuit, celle qui reste » !

Formidable voyage dans le Naples des années 50 à nos jours, L’amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu’Elena Ferrante traque avec passion et tendresse. L’histoire est narrée par « Elena », l’une des deux fillettes devenue écrivaine. Jouant sur plusieurs temporalités, c’est la vie comme une lutte qui s’agite sur chaque page : le refus des modèles parentaux, la quête de soi, la lutte des classes, la lutte des femmes, les luttes politiques. C’est un livre sur la disparition et toute la violence qui s’en dégage. Il y a dans l’encre d’Elena Ferrante la noirceur des cœurs qui se heurtent à la haine, comme un aveugle qui tend les bras et ne ressent que solitude, absence et tumulte et qui soudain rencontre la chaleur de l’amour, du secret et de la confiance. Un livre sur la frontière du bien et du mal, de l’amour et de la haine, du courage et de la faiblesse qui nous fait voyager tant en Italie que dans nos cœurs. On ne se lasse pas de découvrir le destin de ces fillettes devenues jeunes filles et aujourd’hui femmes.

Et pour ceux qui rêveraient enfin de percer le secret de l’identité de Ferrante, voici sa réponse envoyée par mail au magazine Vanity Fair : « J’ai décidé une bonne fois pour toutes, il y a vingt ans, de me libérer de l’anxiété de la notoriété. Évidemment, pour ceux qui aiment la littérature, les livres suffisent ». L’anonymat de l’auteur intrigue dans un monde où l’image est reine. On peut y percevoir là une force de respect du lecteur et de l’écriture, une préservation de sa pureté originelle et l’indépendance du lecteur qui se retrouve seul face à cette œuvre tout entière.