La voix d’or de Jonas Kaufmann

  Olivier Bellamy reçoit Jonas Kaufmann sur Radio Classique

Et s’il ne devait en rester qu’un, pour moi, ce serait Jonas Kaufmann. Musicalement et vocalement, c’est celui qui me touche le plus. Je ferais des kilomètres pour l’entendre. Dans Werther, il était bouleversant. Peut-être parce qu’il est pure musique et que sa voix ne ressemble pas à celle d’un ténor italien au timbre turgescent et aux inévitables vulgarités intrinsèques. Il semble la réincarnation de Fritz Wunderlich, ce grand mozartien trop tôt disparu.

Cela fait longtemps que je rêvais de l’inviter dans Passion Classique, mais ce n’est pas quelqu’un qui court les interviews. La promotion n’est pas sa tasse de thé, bien qu’il soit très sympathique et pas sauvage du tout.

Certains auditeurs se sont extasiés à propos de son français parfait. C’est vrai qu’il parle bien notre langue, mais, comme il a le souci du mot juste, il hésite presque à chaque syllabe. Il faut féliciter Yann Lauvray, qui a passé cinq heures sur la bande à éliminer tous les blancs, de manière à lui offrir un phrasé fluide. Du beau boulot ! Je suis allé à Munich pour le rencontrer, lors d’un de ses rares jours off. Remercions Véronique LeGuyader de Decca, qui l’a convaincu d’accepter ce rendez-vous.

Voici son programme :