La Suède, pays pionnier de la reconnaissance des transgenres, revoit son protocole vis à vis des mineurs

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La Suède, le plus vieux pays du monde à avoir reconnu le droit des transgenres va-t-il faire marche arrière ? Le Figaro consacre une enquête à un retour de balancier surprenant.

Depuis 1972, la Suède est en pointe sur la reconnaissance de la dysphorie de genre

Depuis 10 ans, des milliers d’adolescents suédois sont devenus des Suédoises et vice versa. Une contagion, –ce mot est mis entre guillemets par le Figaro- qui a conduit le plus prestigieux hôpital de Suède à revoir son protocole et à ne plus donner d’hormones aux mineurs, explique le journal. Et on lira le témoignage d’Asa qui raconte ce qui est arrivé à sa fille : « elle est tombée malade, l’anorexie. A l’hôpital, j’ai remarqué qu’elle suivait des comptes transgenres sur les réseaux sociaux. Elle m’a annoncé qu’elle souffrait de dysphorie de genre, qu’elle ne supportait plus son corps. Et elle a décidé de devenir Kasper, un garçon »..

 

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Et le Figaro explique comment depuis 1972, la Suède est en pointe sur la reconnaissance de cette dysphorie de genre, sur les traitements, sur la tolérance de la société, sur les greffes de barbe, sur les médicaments bloqueurs de puberté et on lit ce chiffre : entre 2009 et 2018, le nombre de jeunes entre 13 et 17 ans à vouloir changer de sexe en Suède a augmenté de 1500 %. Vous lirez ce papier du Figaro qui explique pourquoi cet hôpital préfère désormais attendre la majorité avant de proposer des changement de sexe.

 

«Vous imaginez ces débats chez nous, qu’on ose parler de santé mentale aux jeunes quand ils envisagent un changement de sexe ?»

On peut même lire dans le journal que certaines demandes sont liées à des troubles psychologiques, des soucis d’identités, avec le refus parfois d’assumer son homosexualité. Les problèmes peuvent même disparaître à l’âge adulte. A condition bien entendu que les adolescent acceptent une évaluation complète de leur santé mentale. Vous imaginez ces débats chez nous, qu’on ose parler de santé mentale aux jeunes quand ils envisagent un changement de sexe ? Bref, la Suède une fois de plus est en avance, en voulant prendre son temps en reconsidérant l’automaticité du changement de sexe chez les mineurs.

 

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Les entreprises en revanche, elle ne perdent pas de temps. Je lis sur le compte Instagram du Monde que depuis quelques semaines les 100 000 salariés du groupe Nokia partout dans le Monde peuvent, s’ils le souhaitent, indiquer leurs pronoms dans leur signature,  pour indiquer à leurs correspondants quelle est leur identité de genre, pour ne pas faire de gaffe. Nokia explique que cette possibilité permet de promouvoir l’inclusion des personnes transgenres. Sous la photo d’une employée de Nokia née homme et devenue femme et d’un colonel transgenre en vacances au Cap Ferret, on peut lire cette phrase absolument typique des analyses sociologiques hors sol dont la presse est capable : « en dépit des résistance, de grands groupes commencent à s’emparer en France de la question du genre, en allant plus loin, plus vite qu’une large partie de l’opinion publique ». Aller vite sur ces sujets, c’est la marque de la modernité. Si vous êtes lent sur le sujet, c’est que vous êtes un ringard rétrograde bien sûr.

David Abiker

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