La statue de Colbert devant l’Assemblée Nationale a-t-elle été taguée ou vandalisée ?

La statue de Colbert a été taguée hier soir avec la mention « Négrophobie d’Etat » par un membre de la brigade anti-négrophobie arrêté hier soir par les gendarmes de l’Assemblée. La statue de Colbert taguée ou la statue de Colbert vandalisée ? Vos journaux en ligne ne sont pas tous d’accord ce matin sur la bonne formule.

 

Si la statue de Colbert est attaquée, faut-il aussi s’en prendre à Louis XIV ?

Pour le Huffington Post, pour le Figaro, la statue de Colbert a été taguée, pour le Parisien ou le Point, elle a été vandalisée. C’est peut-être l’occasion ce matin de relire un extrait non pas du Code noir mais des intentions du roi Louis XIV à travers ce qu’écrit Colbert à l’intendant de Martinique vers 1681 : « sa Majesté estime nécessaire de régler par une déclaration tout ce qui concerne les nègres dans les isles, tant pour la punition de leurs crimes que pour tout ce qui peut regarder la justice qui leur doit être rendue ». Donc si on tague Colbert, il va bientôt falloir taguer le big boss patron, le Roi Soleil.

 

 

Dans Libération Laurent Joffrin distingue l’antiracisme festif, celui de SOS racisme, et celui d’aujourd’hui, plus virulent

Et Libération revisite ce matin lui aussi l’histoire, l’histoire récente de l’antiracisme et met à la une Harlem Désir, celui des années SOS Racisme et Assa Traoré. De SOS Racisme dans les années 80 au comité Adama aujourd’hui, la lutte contre les discriminations a profondément muté au prix de tensions idéologiques et générationnelles. « On distingue dans le temps deux antiracisme, celui de SOS racisme festif et humaniste, attaché au droit de l’homme, et celui d’aujourd’hui, plus virulent, plus politique, inspiré par fois des thèses décolonialistes et c’est un fait que le second manie plus volontiers le concept contestable de racisme d’Etat ». Mais Joffrin poursuit, ceux qui ont manifesté ces dernières semaine réclament surtout la fin des discriminations et un rapport plus équitable avec la Police, au nom justement de l’égalité et du principe d’universalisme posé par la République. Il leur arrive même de chanter la Marseillaise. Qui s’en plaindra ?

 

David Abiker

 

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