La sagesse de Matthieu Ricard

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Ah, si les grands de ce monde avaient un Matthieu Ricard comme conseiller avant de lancer des bombes pour se venger aveuglément des agressions, tout irait peut-être mieux en ce bas monde.
« Je préfère les chats aux chiens, car il n’existe pas de chats policiers », disait Jacques Prévert. « La seule armée que j’aime, c’est l’armée du salut », répliquait Arletty en écho.
Ce moine bouddhiste proche du Dalaï Lama n’a pas un discours mou et béat devant la réalité, mais une pensée claire et musclée en faveur de la paix et de la non-violence. Son livre de photographies, 108 sourires (La Martinière) nous ouvre les portes d’un monde d’innocence et de beauté retrouvées. Des enfants, des femmes, des hommes, des vieillards édentés sourient devant son objectif, sans ruse, sans calcul, « à la manière d’un grand soleil » (Brassens).
Son discours sur l’impermanence nous rappelle les phrases de la pianiste Maria-Joao Pires, qui entendait chez Mozart, Schubert et dans les dernières oeuvres de Chopin cette acceptation devant l’inéluctable, ce refus de la conquête, de la domination.
Toutefois, comme nombre de philosophes et de religieux, Matthieu Ricard voit la musique comme l’accompagnement, le prolongement, l’illustration d’une pensée, d’une sagesse et non comme une pensée en soi, une vision du monde qui s’exprimerait en notes, non en mots, et qui serait un dialogue entre les âmes si le langage n’existait pas, ainsi que l’a écrit Marcel Proust.
Pourtant, ses 108 sourires démontrent que si parfois la bouche ment, les yeux, portes de l’âme, ne mentent jamais. Ainsi, si les mots ont été inventés, a dit un humoriste, pour que l’homme puisse dissimuler sa pensée, la musique, elle, ne ment jamais. Quand on voit un Radu Lupu, si avare de paroles, tout entier concentré sur son art, mais ouvert sur le monde et sur les autres, avec son air de prophète muet, de moine du piano, fuyant les interviews, les photographes et détestant les enregistrements qui mettent la vie en boîte comme un poisson dans un bocal, on comprend bien que la musique vivante, celle qui se crée ici et maintenant, est peut être la plus belle expression, la plus pure et la plus essentielle pour offrir à l’humanité une réelle espérance.
Voici le programme de Matthieu Ricard :

1) English Suite No. 2 In a-moll, BWV 807 : 5. Bourree 1 – 2 3:43 Helmut
Walcha Bach: The English Suites – Helmut Walcha 33 trs Elecktrolla, CD EMI
Japon

2) Bach Concerto For Piano And Orchestra No. 5 In F Minor, BWV 1056/II.
Largo Glenn Gould;Columbia Symphony Orchestra;Vladimir Golschmann

3) Janos Starker, Bach, Suite pour violoncelle seul, N 6 In D Major :
Praeludium, CD Mercury Living Presence

4) Praetorius-Danses de Terpsichore- Regina, Collegium Terpsichore,
direction Fritz Neumeyer. Archiv Production-11 Widmann (E)_ Musikalischer
Tugendspiegel –

Madeleines.
1) Stravinsky: Agon: Gaillarde BBC Symphony Orchestra

2) Bach: Cello Suites nos 1 Preludium by Aurèle Nicolet (CD, Apr-2004,
Denon Records). /

3) Short homage to Tara by Kelsang Chukie Tethong Where The Heart Blossoms