La Revue Presse du jour – 27/11/2018

La revue de presse… Deux façons de regarder l’avenir, à 1 jour ou à 10 ans…

A 1 jour, voire même à une heure, comment les gilets jaunes recevront le discours tout à l’heure d’Emmanuel Macron…
A 10 ans, quel avenir énergétique sera dessiné par le Chef de l’Etat ? On peut aller même beaucoup plus loin que 10 ans : la neutralité carbone sera-t-elle atteinte en 2050 ?
Enjeux de long terme, et de très court terme.
Mais la réponse tout à l’heure du Chef de l’Etat déterminera aussi la fin du quinquennat… Tenir ou subir. Céder, c’est renoncer à transformer le pays, observent Les Echos et Sud-Ouest…

Y a-t-il des fuites dans la presse sur ce que va annoncer Emmanuel Macron ?

Selon L’Opinion, qui titre Jour J pour le quinquennat, l’idée d’un moratoire sur la hausse des taxes était bien encore en débat hier au sommet de l’Etat.
Un gel de la taxe carbone en 2019, le temps que les automobilistes s’approprient la prime à la conversion.
Un ministre juge qu’il faut une annonce qui fasse comprendre qu’on a pris la mesure de la détresse des gilets jaunes…
Ouest-France attend aussi une réponse claire, simple, tangible, et de court terme… Pour Le Républicain lorrain, le plan pour les mobilités et l’installation d’un Haut Conseil pour le climat tapent à côté de la plaque… En veux-tu en voilà des comités Théodule : L’Opinion recense près d’une dizaine de conseils déjà en place (Comités d’experts, Autorités, Commission nationale…)

Mais il semble surtout question d’un changement de méthode…

Le président entend garder le cap de la « trajectoire carbone », mais déminer la fronde en « changeant de méthode », résume Libération… journal qui publie une tribune du député « omniprésent mais insaisissable » selon la définition qu’en donne Le Monde : l’insoumis François Ruffin…
Dans cette tribune, le député de la Somme utilise à chaque phrase les mots haine (répété de multiples fois), aversion, dégoût pour Emmanuel Macron, la haine lui sert de fil rouge… Cette tribune fait suite à une première publiée avant le second tour de la présidentielle toujours sur le thème de la haine, mais il précise que « stylistiquement parlant », il ne « porte pas ses textes en bandoulière comme une fierté littéraire »… Mais il assume de se laisser submerger par la haine !
Peut-être aussi envers les journalistes ? Le Monde qui voulait le rencontrer pour un portrait a été éconduit, y compris par son entourage.
Il commence à faire de l’ombre à Jean-Luc Mélenchon, note le quotidien.

Les grands débats sur le futur ne portent pas que sur le sauvetage de la planète…

Autre enjeu mondial : le génome, avec là encore la nécessité d’une régulation à l’échelle de la planète. La Croix de consacrer sa Une au sommet mondial qui s’ouvre aujourd’hui à Hong Kong, au lendemain de l’annonce par un chercheur chinois de la naissance de deux bébés génétiquement modifiés. Fascination et effroi.
Prudence : l’annonce reste à confirmer. Mais la technique n’est pas nouvelle. Les ciseaux moléculaires sont arrivés dans les labos dans les années 80 : ils permettent de procéder à des modifications génétiques ciblées pour à terme lutter contre de nombreuses maladies… Espoir thérapeutique. Mais la manipulation génétique chinoise irait bien au-delà puisque le gêne a été modifié (un gêne servant de porte d’entrée au virus du sida) sur deux embryons qui ENSUITE ont été transférés dans l’utérus d’un femme.
Ce type de modification transmissible à la descendance est interdite en France car les risques potentiels sont trop nombreux…

Une UNE pour conclure ?

Celle du Journal de Saône et Loire…
Un éleveur interpelle Emmanuel Macron, il s’appelle Aloïs Gury, il élève des volailles de Bresse à Montrevel en Bresse… et fournit l’Elysée…

Dans une vidéo au Chef de l’Etat, il décrit ses difficultés quotidiennes. 77 heures par semaine, 700 euros par mois, une semaine de vacances en 3 ans « parce que la MSA, la Mutualité Sociale agricole me l’a payée. L’aide au répit, ça s’appelle ».
La manchette du Journal de Saône et Loire est sévère. « M. Macron, vous ne méritez pas mes volailles ». Mais cet éleveur, qui était chef d’équipe chez Renault trucks il y a 5 ans, s’exprime sans haine : « M Macron, dites-moi ce que je dois faire. »

 

Michel Grossiord