La Revue de Presse du jour – 29/11/2018

La revue de presse… Gilets jaunes… Les journaux cherchent la sortie de crise, mais annoncent de nouveaux nuages noirs…

Après le diesel et l’essence, gare aux prix de l’électricité ! La hausse de février fait trembler l’exécutif (qui cherche à réviser le mode de calcul), assure L’Opinion. Le Parisien s’interroge : la hausse de l’électricité, nouveau caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron ?
En janvier, il y aura le choc psychologique de l’impôt à la source, qui s’invite déjà dans 8 millions de feuilles de paie, préviennent Les Echos. Une préfiguration dans quelques jours (pas encore de prélèvement), mais une information bien visible sur la feuille de paie pour se préparer à la bascule vers le prélèvement à la source…

La bascule, le mot définit bien la situation actuelle…

La France danse sur un volcan, peut-elle éviter l’explosion ? L’Opinion.
A l’inverse, les gilets jaunes, où le flou artistique domine (ils veulent parler à l’exécutif mais n’arrivent pas à désigner des représentants), vont-ils finir comme Nuit Debout ? se demande La Montagne.
Si ce mouvement si largement soutenu par les Français porte en lui ses propres limites, comme le pense aussi La Charente Libre, il y a de quoi dans l’immédiat être inquiet. Une inquiétude qui se répand dans la majorité où les critiques se concentrent sur l’attitude du premier ministre, raconte Le Figaro qui va jusqu’à évoquer une crise.
Le Parisien parle de malaise et titre en gros en pages intérieures : « Edouard Philippe (trop) droit dans ses bottes »… Sa fermeté sinon sa rigidité encore affichée hier trouble y compris dans son propre camp…

Beaucoup de macronistes s’expriment le plus souvent anonymement…

Des députés de La République en marche livrent un réquisitoire, mais ils ne sont pas eux-mêmes exempts de reproches (manque d’expérience, manque d’ancrage local), selon un ministre qui déclare ceci dans Le Figaro :
-On a beaucoup de gens dans la majorité qui ont rempli un formulaire de candidature sur Internet et qui ont reçu leur circonscription par Amazon Prime livrée dans les 48 heures par Macron »…
Un autre ministre pointe la déconnexion des élus La République en marche : « C’est une génération nouvelle qui vit plutôt dans le ‘in’ de la mondialisation. Beaucoup n’avaient pas perçu cette colère des Français dans leur circonscription »…
Ces commentaires ministériels entrent en résonnance avec l’analyse d’un écrivain britannique dont le livre est devenu parait-il la bible des ténors du parti Les Républicains, et que certains proches d’Emmanuel Macron ont lu aussi avec attention…

Cet écrivain britannique est interviewé par Le Monde…

Il s’appelle David Goodhart. Son livre s’intitule : « La Route pour quelque part »…
Il fait une nouvelle analyse des clivages politiques issus du Brexit et de l’élection de Donald Trump : pour lui, au clivage droite-gauche s’est substituée une distinction anywhere (de nulle part)/ somewhere (de quelque part)…
Les anywhere, qu’il appelle « les gens de n’importe où », majoritairement des personnes éduquées et mobiles, rarement ancrées dans un territoire… Ils ont des carrières plutôt que des petits boulots.
Les somewhere (le peuple de quelque part) sont à l’inverse plus ancrés territorialement, attachés à des valeurs, un mode de vie, et moins éduqués. Ils ne sont pas pas contre l’écologie mais ne voient pas pourquoi ils devraient porter autant le poids de l’écologie seulement parce qu’ils dépendent de leur voiture.

A propos des voitures, un phénomène vise les radars…

Symboles d’un système honni, les radars font l’objet d’une vague de destruction : à ce jour, sur un parc de 4.500 appareils, près de 600 sont hors service dont plus de 130 détruits par les flammes, précise Le Figaro.
Le budget maintenance des radars devrait exploser cette année. Et les recettes chuter.
Les médias sont-ils aussi les symboles d’un système honni ?
La Croix constate que les médias sont devenus une cible : des manifestants mais aussi des dirigeants politiques.
« Les gilets jaunes savent-ils que le journalisme est un métier où l’emploi précaire est très répandu ? » lance Guillaume Goubert à la Une de son journal, ajoutant : « Notre profession mérite certainement de sérieuses critiques. Notamment pour son panurgisme, ses emballements sans lendemain, ses mélanges entre information et distraction. Néanmoins, elle reste fidèle au cœur de son métier : collecter, vérifier puis relater aussi loyalement que possible des informations ».
Parmi les critiques, celle de Nicolas Beytout qui dénonce « la Léonardisation de la politique »…

On se souvient de François Hollande s’adressant à la jeune Léonarda…

Il y a 5 ans, cette jeune Léonarda avait rejeté en direct les propositions que François Hollande venait imprudemment de lui faire à la télévision… Ce fut un tournant dans le quinquennat.
La Léonardisation de la politique, selon Nicolas Beytout, c’est il y a deux jours le discours d’Emmanuel Macron suivi immédiatement des manifestants partout sur les écrans pour clamer leur déception…

Les gilets jaunes engrangent des soutiens… notamment chez les artistes…

Pierre Perret, Franck Dubosc… sur Facebook… Sensibles comme nous et solidaires de la souffrance sociale…
Ce matin, Michel Polnareff, qui s’exprime dans Le Parisien. Il présente son nouvel album depuis 28 ans…
-Bien sûr je soutiens les gilets jaunes, je suis très respectueux de leur cause…
Polnareff dit ça de Las Vegas, et répond à cette autre question :
Vous ne retournerez jamais vivre en France ?
-Non, je ne le sens pas… Mais il ne faut surtout pas penser que je reste indifférent aux problèmes de mon pays…
(On lui dit merci)

 

Michel Grossiord